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Les partis d'opposition à Québec veulent une réforme du mode de scrutin

Dans un rare consensus, les trois partis d'opposition à l'Assemblée nationale font front commun pour mettre en place un nouveau mode de scrutin proportionnel mixte pour les élections de 2022.

Ils ont signé une entente mercredi, appuyée par le Mouvement démocratie nouvelle, par laquelle ils s'engagent à travailler ensemble pour abolir le mode actuel de scrutin, uninominal à un tour, s'ils prennent le pouvoir.

Ils estiment que le système actuel engendre des distorsions. À titre d'exemple, le PLQ a obtenu 41,5 % des voix en 2014, mais 56 % des sièges en Chambre, tandis que les trois partis d'opposition ont récolté au total 56 % des voix, pour 44 % des sièges.

Le modèle qu’ils proposent, inspiré par ce qui a été fait en Nouvelle-Zélande, en Allemagne et en Écosse, suggère qu'une majorité des députés soient élus selon le mode de scrutin actuel et que les autres le soient en fonction de l'appui que les différents partis politiques reçoivent, suivant des listes régionales.

Le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ), Québec solidaire (QS) et même le Parti vert souhaitent ainsi rétablir la confiance de la population envers les élus et les institutions avec la mise en place d’un nouveau mode de scrutin.

« Au-delà des petits gains qu’on peut faire à court terme, indique également le chef caquiste, François Legault, ce qui est important au Québec, c’est de retrouver la confiance, de retrouver la fierté, de recommencer à faire avancer le Québec. »

Il ajoute que le mode de scrutin proportionnel mixte « aide à ce qu'on travaille davantage ensemble, pour qu'il n'y ait pas un gouvernement élu par une minorité qui prenne des décisions pour une majorité ».

Dissensions sur les modalités

Le front commun n'est toutefois pas au diapason quant aux modalités liées au nouveau mode de scrutin.

Le PQ envisage un système où 78 députés seraient élus selon les contours approximatifs de la carte électorale fédérale, et 47 en vertu des listes régionales proportionnelles.

Le chef caquiste a cependant soutenu que cela reste « à examiner », tandis que QS serait même prêt à augmenter le nombre de députés au-delà des 125 actuels.

Mais tous les partis se sont engagés à faire adopter la réforme avec la plus large assise possible en Chambre, même sans avoir l'unanimité, même si les libéraux s'y opposent, contrairement à la tradition qui veut qu'on change les règles démocratiques québécoises avec l'appui de tous les partis.

« Il ne serait pas légitime qu'un seul parti politique impose un mode de scrutin, a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois. Je ne pense pas qu'il serait plus légitime qu'un seul parti bloque une réforme du mode de scrutin qui est désirée par la majorité de la population. »

Un système qui « nuirait aux régions », dit Kathleen Weil

« Nous sommes abasourdis par l’absence de considération pour la réalité d’un député sur le terrain, dans nos régions », a répliqué la ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques, Kathleen Weil.

Elle estime qu'un tel système nuirait à la représentation des régions à l'Assemblée nationale.

Un projet de loi doit être déposé au plus tard le premier octobre 2019 si l'un des partis de l'opposition prend le pouvoir aux prochaines élections québécoises l’automne prochain.

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