Retour

Les partis font leur apparition dans les petites municipalités de l'Estrie

Le Canton de Hatley a un nouveau venu dans le paysage politique. Réélu sans acclamation, le maire Martin Primeau a regroupé des candidats sous l'Équipe Primeau. Une première pour cette municipalité de 2000 habitants.

Un texte de Christine Bureau

« D'emblée, c'est pour éviter la confusion lors du vote », explique le maire Primeau. Son souhait, c'était que les électeurs puissent voir, sur le bulletin de vote, les candidats qu'il soutient. « C’est six personnes avec qui je me sens très à l’aise de travailler, qui sont capables de porter des dossiers. »

Ce nouveau venu ne fait pourtant pas l'unanimité. L'Équipe Primeau présente six candidats pour combler les postes de conseillers. L'un d'entre eux a été élu sans acclamation. Les cinq autres devront affronter un candidat indépendant.

« L’impression que me donne M. Primeau, c’est qu’il a besoin de candidats qui vont le suivre dans ses dossiers et qu’il n’aura pas besoin de débattre de ces dossiers-là au conseil », lâche Denis Charest, candidat indépendant pour le siège numéro 3.

Dans un contexte où tout le conseil serait de l'Équipe Primeau, il ne croit pas qu'il y aura un problème de représentation de la population. « J’ai rajeuni le conseil, j’ai trois femmes, trois hommes dans mon équipe », plaide-t-il.

Denis Charest est néanmois persuadé du contraire. Une impression si forte qu'il a travaillé jusqu'à la dernière minute pour créer un front d'opposition au maire.

« Le vendredi matin, le dernier jour des mises en candidatures, on s’est tous appelés et on s’est dit qu’il fallait faire de quoi, qu'il fallait présenter des candidats », explique-t-il.

Parmi les candidats indépendants se retrouvent deux conseillers sortants, Claude B. Meilleur et Guy Larkin. Ce dernier, promoteur d'un développement résidentiel dans le Canton avec Denis Charest, a dit avoir appris une semaine avant la fin de la mise en candidature qu'il ne ferait pas partie de l'Équipe Primeau. Le maire évoque un litige juridique avec Guy Larkin pour justifier sa décision.

« Nous, on pensait que l’équipe, c’était notre équipe, mais en fin de compte, il avait déjà prévu de nous tasser Claude B. Meilleur et moi », soutient M. Larkin. Ce dernier croit que la création de l'Équipe Primeau aura une influence sur le vote.

« On est juste 2000 habitants. Là, c’est parce que le monde est un peu mêlé. Ils ne savent pas trop pour qui voter et en même temps, ça dépend du quartier où on est. Il y en a qui veulent voter pour moi, mais comme l’équipe est de l’autre côté… C’est comme un parti. »

Pour éviter cet effet d'entraînement, les candidats indépendants souhaitent créer des districts municipaux dans le Canton de Hatley. Les électeurs voteraient alors pour le conseiller qui se présente dans leur district, et non pas pour l'ensemble du conseil.

Les partis politiques dans les petites municipalités

Ex-député provincial et conseiller municipal d'expérience, Robert Benoît croit que les partis politiques ne sont pas pertinents dans les petits milieux. « Il n'y a rien de pire que quatre individus [d'un parti] qui se font élire, trois qui ne sont pas de ce parti là. Et là, c’est la chicane qui part immédiatement », prévient-il.

Sans compter que pour les membres du parti, il y a toujours le risque d'être jeté dehors des rangs. Un maire avec un conseil indépendant « n’a pas de droit ultime sur personne », poursuit M. Benoît.

Selon lui, la solution ne passe cependant par la création de districts municipaux. « La démonstration n’a pas été faite que c’est probant. J’aime beaucoup mieux sept élus qui travaillent pour l'ensemble de la municipalité », résume-t-il.

En Estrie, des partis politiques ont également vu le jour dans deux petites municipalités, Austin et Orford.

Plus d'articles

Commentaires