Retour

Les pourvoyeurs devront se priver du caribou comme produit d'appel

Québec lance une stratégie pour assurer la vitalité et la mise en valeur du patrimoine nordique. Pour ce faire, une enveloppe de 16,1 millions de dollars sera investie sur 5 ans, dont 5,1 millions $ à la Fédération des pourvoyeurs du Québec et 5 millions $ aux communautés autochtones.

Un texte de Louis Garneau

Les Inuits et les Naskapis du Nord québécois se voient accorder un quota de capture exclusif de 6500 caribous. La chasse sportive au caribou sera interdite dès le 18 février, et les pourvoyeurs doivent plier bagage.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette explique : « Cette stratégie vise entre autres à dresser un portrait juste de l'industrie de la pourvoirie dans le nord du Québec, et à soutenir les entrepreneurs qui le souhaitent. »

Les budgets alloués contribueront à l'élaboration de plans d'affaires afin de diversifier les activités de pourvoirie, en plus d'améliorer les infrastructures et équipements pour attirer une nouvelle clientèle.

Le ministre délégué aux Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, admet qu'il est temps de délaisser le caribou comme moteur touristique.

Selon lui, il faut développer une vision différente, travailler avec les Naskapis et les Inuits pour le développement touristique dans le Grand Nord québécois.

En 2014, les pourvoiries affiliées à la Fédération des pourvoyeurs du Québec créaient 250 emplois en recevant 2500 chasseurs de caribou.

Le président de la fédération, Marc Plourde, entend miser sur la pêche sportive pour maintenir les installations les mieux adaptées au tourisme haut de gamme.

En conséquence, les pourvoyeurs vont devoir investir pour offrir une qualité d'hébergement à la hauteur des attentes. À l'Association des pourvoyeurs du Nord-du-Québec, qui regroupe 13 pourvoiries, on reconnaît volontiers le droit de chasse des Autochtones.

Mais le président, Alain Tardif, conteste la décision de démanteler des installations de pourvoyeurs sans période de transition : « Oui, ça va débarrasser le Nord, ça va nettoyer, mais nous autres, ça ne nous aidera pas dans nos entreprises comme telles, là. Ça mettra pas de l'argent dans le compte de banque. »

Alain Tardif rappelle que d'autres activités, l'exploration minière par exemple, profitent de ces campements en région sauvage en basse saison. Il souhaite que le Ministère prenne les mesures d'aide appropriées pour les maintenir.

Plus d'articles