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Les professionnels du gouvernement obtiennent des hausses salariales d'au moins 12,5 %

Au terme de trois ans de négociations ardues, qui incluent des grèves de soirs et de week-ends, 17 500 professionnels du gouvernement du Québec obtiennent des augmentations salariales moyennes de 12,5 % sur cinq ans, selon les informations obtenues par Radio-Canada.

Un texte de Véronique Prince, correspondante parlementaire à Québec

Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) était le dernier grand groupe de la fonction publique qui n’avait pas renouvelé sa convention collective, échue depuis mars 2015. Il obtient plus que la majorité des syndicats des secteurs publics et parapublics qui ont reçu des augmentations salariales d’environ 10 % pour la période 2015-2020.

L’entente de principe, conclue il y a deux semaines et qui doit être présentée aux membres, comprend une augmentation de 3,5 % de la masse salariale injectée dans la nouvelle structure de rémunération.

Selon la complexité des emplois, les agronomes, les médecins vétérinaires, les architectes et les biologistes pourraient ainsi recevoir des augmentations variant de 15 % à 24 %.

La majorité des autres professionnels, soit les analystes en informatique, les agents de gestion financière ou les conseillers en affaires internationales, par exemple, obtiennent une hausse de 12,5 % lorsqu’ils atteignent le dernier échelon salarial.

Deux montants forfaitaires, équivalents à 1,5 % de la masse salariale, sont également prévus. Le premier versement, d’environ 500 $, sera remis la première année de la convention collective, alors qu’une somme de 250 $ sera versée à la dernière année du contrat de travail.

En échange, le gouvernement met fin aux bonis de rendement des professionnels, ce qui représentait environ 0,4 % de la masse salariale. Deux jours de congé de maladie par année leur sont également retirés.

« Avec cette entente, même si les attentes ne sont pas totalement satisfaites pour nos membres, on a un signal que le gouvernement veut valoriser le travail de ses professionnels, comme le demandait la commission Charbonneau », indique Richard Perron, le président du SPGQ.

Le syndicaliste a cité le rapport de la commission Charbonneau à de nombreuses reprises durant la négociation, insistant sur l’importance des bonnes conditions de travail pour maintenir l’expertise au sein du gouvernement.

Mise sur pied d’un comité pour étudier la rémunération

En plus de la rémunération, un autre point se trouvait au cœur du litige. Le SPGQ demandait au gouvernement de rembourser les cotisations professionnelles de ses membres qui doivent adhérer à un ordre, ce qu’il a obtenu.

Le gouvernement s’engage également à créer « un comité externe sur l’équité » pour comparer l’écart de rémunération entre les professionnels à son emploi et ceux qui travaillent pour d’autres administrations publiques.

« On a maintenant les outils pour continuer à travailler pour réduire l’écart salarial dont sont victimes nos membres », poursuit M. Perron.

À moins de six mois de la prochaine campagne électorale, le gouvernement doit encore s’entendre avec 7500 membres du SPGQ qui sont des employés de Revenu Québec, de l’Autorité des marchés financiers, du Conseil des arts et des lettres du Québec et de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

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