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Les promesses de Justin Trudeau en matière d'environnement

D'aucuns ont été étonnés de constater que dans son discours d'acceptation lundi soir, d'une durée de vingt minutes, Justin Trudeau n'a pas prononcé une seule fois le mot « environnement ». Le premier ministre désigné promet pourtant d'agir pour que le Canada redevienne un chef de file en matière de protection de l'environnement. Comment le Parti libéral compte-t-il s'y prendre? Voici un résumé des promesses faites durant la campagne­.

Un texte d'Étienne Leblanc, reporter spécialisé en environnement

Changements climatiques

Après s'être retiré du protocole de Kyoto en 2012, après s'être fait rabrouer par le secrétaire général des Nations unies en décembre dernier, après des années à défendre bec et ongles les sables bitumineux, le Canada s'est forgé la réputation d'être un cancre du climat sur la scène internationale. Justin Trudeau promet de redresser la barre sur la question de la lutte contre les changements climatiques.

Sans proposer de cible chiffrée sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le Parti libéral s'engage à aller à Paris, avec les premiers ministres des provinces, à la conférence des Nations unies sur le climat, en décembre. Dans les 90 jours qui suivront la rencontre, il promet une rencontre officielle avec les premiers ministres provinciaux afin d'établir un cadre pancanadien de lutte contre les changements climatiques. Ce futur plan devra être conforme à la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés Celsius.

Pipelines

Justin Trudeau n'est pas contre les pipelines. En 2014, il affirmait en entrevue à Radio-Canada qu'il était « important de développer [les] ressources et de les amener de façon sécuritaire sur les marchés ». Mais il nuance sa position en fonction des particularités de chaque projet :

  • Énergie Est : il affirme que le projet n'est pas souhaitable s'il n'obtient pas un grand degré d'acceptabilité sociale, et qu'il faut revoir le processus d'évaluation environnementale avant de se prononcer de façon définitive;
  • Keystone XL : pour le projet;
  • Northern Gateway : contre le projet.

Évaluations environnementales

Le Parti conservateur a modifié en profondeur le processus d'évaluation environnementale. Justin Trudeau promet de réviser « sans tarder » ce processus, en y introduisant les mécanismes suivants :

  • Rétablir une surveillance rigoureuse et des évaluations environnementales approfondies dans les domaines qui relèvent de la compétence fédérale;
  • Garantir que les décisions se fondent sur des faits et sur des données scientifiques et probantes;
  • Donner aux citoyens des moyens d'exprimer leurs opinions, et aux spécialistes la possibilité d'apporter une réelle contribution;
  • Obliger les promoteurs de projets à choisir les meilleures technologies pour réduire les répercussions sur l'environnement.

Justin Trudeau promet de passer en revue les changements que l'administration Harper a apportés à la Loi sur les pêches et la Loi sur la protection des eaux navigables. Ces changements avaient facilité la mise en place de projets susceptibles de nuire à l'environnement.

Science

Sous le règne du Parti conservateur, les scientifiques du gouvernement fédéral se sont vus interdire d'intervenir publiquement pour parler de leurs travaux. Justin Trudeau s'est engagé à « redonner à la science ses lettres de noblesse ».

Il promet de créer un poste de directeur scientifique, que la plateforme du Parti libéral décrit comme « le titulaire [qui] fera en sorte que la population puisse accéder à l'ensemble des travaux scientifiques du gouvernement, que les scientifiques puissent parler librement de leurs travaux et que le gouvernement tienne compte de leurs analyses dans ses décisions ».

Protection des lacs, des rivières et des océans

Il promet de réinvestir dans la Région des lacs expérimentaux, un centre de recherche sur les Grands Lacs canadiens auquel le gouvernement conservateur avait retiré les fonds.

Il s'engage à suivre les recommandations de la commission Cohen sur le rétablissement des stocks de saumons sockeye dans le fleuve Fraser. Dans son rapport en 2012, le commissaire Bruce Cohen a noté de nombreuses lacunes dans la gestion de la population de saumons dans cette région par Pêches et Océans Canada. Ottawa n'avait pas donné suite aux recommandations de la commission.

M. Trudeau s'engage aussi à redonner les 40 millions de dollars que le gouvernement Harper avait retirés aux programmes de recherche océanographique.

Aucun document ne fait état d'un réinvestissement dans les fonds de recherche scientifique sur le climat, qui ont été largement coupés sous le règne des conservateurs.

Transport collectif

Justin Trudeau présente les transports collectifs comme étant la pierre angulaire de sa plateforme sur les infrastructures.

Il s'engage à injecter 20 milliards de dollars de plus au cours des dix prochaines années, soit une moyenne de 2 milliards par année. Il promet que les villes pourront utiliser cet argent selon leurs priorités.

Pont Champlain

Dossier sensible s'il en est un : Justin Trudeau a promis qu'il n'y aurait pas de péage sur le pont Champlain s'il était élu. « Nous parlons de remplacer un pont et non d'ajouter une offre de service », a réitéré M. Trudeau le mois dernier.

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