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Les promesses de Trudeau sont-elles 25 fois plus coûteuses que celles de Harper? L'épreuve des faits

En dévoilant le programme complet de son parti, Stephen Harper a décoché quelques flèches à l'endroit de ses adversaires qu'il accuse de vouloir dépenser trop. A-t-il bien fait ses calculs?

Un texte de Denis-Martin Chabot

Stephen Harper estime même que les nouvelles dépenses libérales prévues sont 25 fois plus élevées que les siennes. A-t-il raison?

Vérification faite : non.

Les promesses des conservateurs sont de près de 8 milliards de dollars sur 4 ans, si on inclut les programmes d'aide au secteur automobile et aux agriculteurs touchés par le Partenariat transpacifique. Celles des libéraux sont estimées à 150 milliards de dollars, soit 19 fois plus élevées que celles des conservateurs et non 25.

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Engagements conservateurs

Mais Stephen Harper ne tient pas compte, non plus, de trois dépenses majeures annoncées au cours de la dernière année et pour lesquelles il fait campagne.

On parle ici du rehaussement du plafond du compte d'épargne libre d'impôt, le CELI, du fractionnement du revenu pour les familles avec enfants et de la bonification de la prestation universelle pour la garde d'enfants (PUGE). À elles seules, ces trois mesures coûteront 27 milliards de dollars en 4 ans.

Ainsi, avec ces mesures, les promesses libérales ne sont plus que 4 fois plus élevées que celles des conservateurs. Les libéraux promettent d'ailleurs de les annuler s'ils sont élus.

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Prévisions économiques

Les conservateurs ont réduit leurs prévisions de surplus pour les quatre prochaines années. Par contre, ils se basent toujours sur les prévisions économiques du budget d'avril 2015.

« Il est écrit que ''Notre plan repose sur les projections financières du budget de 2015 présenté en avril. Ces projections sont fondées sur les conseils d'experts indépendants et d'économistes du secteur privé de premier plan''. Or, ces mêmes experts ont révisé leurs projections depuis, on n'en tient pas compte », dit Jean-Pierre Aubry, économiste et fellow associé au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).

Le directeur parlementaire du budget a en effet revu à la baisse le taux de croissance économique et le prix du baril de pétrole en juillet, ce qui pourrait avoir un impact majeur sur les revenus du gouvernement.

M. Aubry déplore aussi que les conservateurs disent que les temps sont incertains sur le plan économique, mais maintiennent des réserves pour éventualités dans leurs prévisions de 1 à 3 milliards par année (pour un total 7 milliards de dollars en 4 ans), au lieu des 3 milliards habituels chaque année (pour un total de 12 milliards). « C'est incohérent », ajoute-t-il.

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