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Les provinces, « faut travailler avec », dit Mulcair

« Mon obligation, c'est de travailler avec tous les premiers ministres des provinces », affirme le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, dans la foulée des prises de bec publiques opposant son adversaire conservateur Stephen Harper aux chefs de gouvernements de l'Ontario et de l'Alberta.

Un texte de François Messier

En entrevue à l'émission C'est pas trop tôt, sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, à l'occasion du lancement de son livre intitulé Le Courage de ses convictions, le chef néo-démocrate a critiqué le premier ministre sortant pour ses échanges acerbes avec les premières ministres de l'Ontario, Kathleen Wynne, et de l'Alberta, Rachel Notley.

« Que ce soit une libérale comme Mme Wynne, une NPD, comme Mme Notley, ou encore le Parti Saskatchewan de Brad Wall; je les connais tous, je veux travailler avec tous. C'est mon devoir d'être là, de former de bonnes relations avec eux », a-t-il souligné.

Thomas Muclair ajoute du même souffle que le premier ministre Harper n'a jamais participé à une rencontre du Conseil de la fédération, le forum des provinces et territoires créé par l'ex-premier ministre du Québec Jean Charest, en 2003.

Depuis le déclenchement de la campagne électorale, Stephen Harper échange coup pour coup avec la première ministre Wynne, qui fait ouvertement campagne pour les libéraux de Justin Trudeau.

Queen's Park est furieux du refus du gouvernement Harper de l'aider à créer un régime de retraite provincial. Les conservateurs arguent que ce plan sera coûteux pour les travailleurs et les employeurs, et qu'il se traduira par des pertes d'emploi.

M. Harper s'en est également pris à la première ministre albertaine Rachel Notley, dont l'approche économique est un « désastre », a-t-il dit. La victoire des néo-démocrates de Mme Notley en mai a mis un terme à des décennies de domination du Parti conservateur albertain.

Rachel Notley a répliqué mardi sur un ton plus sobre que celui adopté par Mme Wynne. Dans une déclaration écrite, elle a défendu l'idée de hausser le taux d'imposition des entreprises, et de remplacer le taux d'imposition unique des particuliers par un système plus « progressiste ».

« M. Harper est en train d'avoir la monnaie de sa pièce », a commenté Thomas Mulcair. « Il pensait peut-être s'attaquer à gauche, à droite, donner des taloches à tout le monde. Mme Wynne réplique d'une manière cinglante, Mme Notley ne l'a pas manqué non plus. »

M. Mulcair a aussi été interrogé sur la possibilité qu'il participe à une coalition si le scrutin du 19 octobre devait se traduire par l'élection d'un gouvernement minoritaire. Il a exclu d'emblée toute alliance circonstancielle avec les conservateurs.

« Je ne vous surprendrai pas en vous disant que mon but, maintenant, c'est de gagner une élection avec une majorité, tout comme le NPD vient de le faire en Alberta. C'est ça notre objectif », a-t-il répondu dans un premier temps.

« Il est impossible pour moi d'entrevoir de travailler avec les conservateurs de Stephen Harper », a-t-il ensuite précisé. « Aux plans environnemental, social, économique, on est aux antipodes. »

« Est-ce que ça veut dire qu'on pourrait travailler avec d'autres? J'ai ouvert la porte à ça à plusieurs reprises. Chaque fois, les libéraux claquent cette porte-là. C'est leur problème », a-t-il laissé tomber.

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