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Les réfugiés au coeur de la campagne canadienne pour réintégrer le Conseil de sécurité

Le Canada misera sur son expérience d'accueil des réfugiés syriens pour aider l'ONU à faire face à l'un des plus grands défis auxquels elle est confrontée : la migration. Ce thème sera central dans sa campagne pour regagner un siège au puissant Conseil de sécurité.

Un texte de Mylène Crête

Dans une entrevue exclusive accordée aux Coulisses du pouvoir, le nouvel ambassadeur du Canada aux Nations unies, Marc-André Blanchard, dit avoir rencontré une cinquantaine d'homologues qui lui ont demandé de participer activement aux discussions sur la migration dans le monde.

« À cause de son expérience, le Canada peut dire des choses avec beaucoup de crédibilité et des choses qui ne peuvent pas être dites par certaines autres nations, explique-t-il. Voilà un secteur où le Canada va faire une différence au cours des prochaines années. »

L'accueil de 25 000 réfugiés syriens en quelques mois seulement et la capacité à maintenir une société pluraliste harmonieuse font du Canada un exemple sur la scène internationale et lui permettront de jouer un rôle de chef de file dans la recherche de solutions aux questions migratoires, selon l'ambassadeur.

Mais contrairement aux campagnes passées où un seul grand projet était mis de l'avant, le Canada tentera cette fois d'obtenir un siège au Conseil de sécurité en misant sur plusieurs thèmes qui s'articuleront autour des trois piliers de l'ONU : la paix et la sécurité, le développement ainsi que les droits de la personne.

Le Canada avait renoncé à ce siège en 2010 après avoir perdu les deux premiers tours du vote.

Outre la question des migrants, celle des changements climatiques génère également des attentes élevées envers le Canada. « Voilà un autre exemple où le monde s'attend à ce que le Canada fasse preuve de leadership, souligne Marc-André Blanchard. Nous l'avons fait au sommet de Paris sur le climat et maintenant il faut que le Canada assume une certaine partie du leadership pour s'assurer que nous rencontrions les objectifs fixés dans cette entente. »

Le développement des énergies renouvelables dans les pays en développement pourrait faire partie de la solution tout en permettant au Canada d'aider l'ONU à atteindre les 17 objectifs qu'elle s'est fixés pour 2030.

« Dans certains pays, moins de la moitié des gens ont accès à de l'énergie, que ce soit de l'énergie fossile ou de l'énergie renouvelable, note l'ambassadeur. Le Canada est l'un des leaders mondiaux en énergie éolienne, énergie solaire et énergie hydroélectrique. Il faut apporter notre savoir-faire, notre expertise et notre habileté à coordonner des projets de cette nature en Afrique et dans certaines régions du Pacifique et de l'Asie. »

Retour des Casques bleus canadiens

Le principal champ d'expertise du Canada demeure toutefois les opérations de maintien de la paix. D'ailleurs, le premier ministre Justin Trudeau a déjà indiqué son intention d'augmenter la participation pour ce type de missions.

Mais l'époque des grands déploiements semble être révolue. Aujourd'hui, les troupes proviennent en grande partie des pays en développement comme le Bangladesh et l'Éthiopie.

« À moins d'une crise énorme, le Canada ne sera vraisemblablement plus appelé à fournir des régiments complets comme nous l'avons fait par le passé », explique Marc-André Blanchard.

Les policiers, comme ceux qui sont présentement en Haïti, seront cependant au cœur de la contribution canadienne.

« La première chose qui nous a été demandée par le secrétaire général lors de sa visite à Ottawa en janvier, ce sont des forces policières pour les opérations de maintien de la paix, ajoute M. Blanchard. Nous avons les policiers les mieux formés et qui ont une expérience assez unique. »

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