Retour

Les relations étaient tendues entre Philippe Pichet et le directeur général de la Ville

Les relations entre l'ancien chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Philippe Pichet et le directeur général sortant de la Ville ont été tendues tout au long de l'année 2017, jusqu'à la suspension du chef de police, selon ce qu'a appris Radio-Canada. La version des faits de Philippe Pichet est attendue pour la première fois, aujourd'hui, devant la Commission de la sécurité publique de Montréal.

Un texte de Pascal Robidas

Rien n'allait plus entre le chef de la police et le directeur général sortant, Alain Marcoux. Selon nos informations, ce dernier voulait réduire le nombre de policiers au SPVM pour assainir les finances de la Ville.

Mais Philippe Pichet s'y serait opposé à plusieurs reprises, afin de respecter le Plan d'organisation de la police (POP) exigé par le ministère de la Sécurité publique.

En s'opposant aux coupes budgétaires qui visaient le SPVM, Philippe Pichet se serait rapidement mis à dos le directeur général Alain Marcoux.

Radio-Canada a pu consulter les deux dernières évaluations de rendement de Philippe Pichet produites par Alain Marcoux. Au terme de l'année 2016, le directeur général était optimiste et confiant à l'égard de son chef de police.

Puis, le ton a changé lors de la dernière évaluation de Philippe Pichet, déposée une semaine après sa suspension. La résistance du chef de police aux compressions budgétaires semble avoir déplu au directeur général.

Anie Samson à la défense de Philippe Pichet

L'ancienne responsable de la police à cette époque, Anie Samson, s'explique mal la suspension soudaine et expéditive de Philippe Pichet par décret gouvernemental. Elle rappelle qu'il a lui-même transféré tous les dossiers des enquêtes internes à la Sûreté du Québec.

« Les problèmes à l'interne au SPVM avaient commencé bien avant l'arrivée de Philippe Pichet », affirme sans détour Anie Samson.

Sept mois après sa défaite aux élections municipales, l'ex-mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension prend la parole publiquement pour la première fois, parce qu'elle s'indigne du traitement réservé à son ancien directeur de police.

Anie Samson était responsable de la Sécurité publique au comité exécutif et présidente de la Commission de la sécurité publique de 2013 à 2017.

Elle assure que Philippe Pichet avait toujours la pleine confiance du ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux jusqu'à l'automne 2017. Les communications en coulisses entre la Ville et le ministre étaient sans ambiguïté.

« Martin Coiteux a exprimé sa satisfaction et sa confiance à plusieurs reprises envers le directeur du SPVM, Philippe Pichet, durant toute la crise de confiance du service en 2017 », assure Anie Samson.

« D'abord, lors de la présentation du Plan d’action pour améliorer le lien de confiance des citoyens envers le SPVM en mars. Puis, à deux autres reprises, en juin et septembre. Le ministre Coiteux ne doutait pas des compétences du directeur du SPVM pour redresser la situation », ajoute-t-elle.

Après la défaite d'Équipe Coderre le 5 novembre dernier, l'ancien chef de police se serait retrouvé sans l'appui du directeur général au sein d'une administration municipale en transition avec l'arrivée au pouvoir de Projet Montréal.

Un mois plus tard, Philippe Pichet a été emporté par le rapport produit par Michel Bouchard à la demande de Martin Coiteux, un document très critique des décisions du chef de police pour redresser le SPVM, malmené publiquement depuis des mois.

Le choix de Philippe Pichet en 2015

En 2015, l'ancienne élue rappelle que le climat à la police de Montréal était tendu à plusieurs niveaux avec la loi 15 sur les régimes de retraite, les relations de travail difficiles, la convention collective échue. L'environnement de travail était difficile pour le futur chef de police, dit Anie Samson, qui faisait partie du comité de sélection.

« [Philippe Pichet] était conscient des problèmes d'organisation au SPVM. Il nous avait prévenus en comité de sélection qu'il entendait faire des changements au SPVM qui allaient déranger. Il s'était identifié comme un haut gradé qui n'appartenait à aucun clan. C'est pourquoi on allait sans doute tenter de le faire couler », conclut Anie Samson.

Le directeur général sortant de la Ville de Montréal, Alain Marcoux, a décliné notre demande d'entrevue.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Une mère et son fils offrent une danse inoubliable





Rabais de la semaine