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Les shérif commencent à porter des armes à feu dans les palais de justice du N.-B.

Depuis jeudi, les shérifs des palais de justice du Nouveau-Brunswick ont commencé à porter des armes à feu.

Cette décision controversée, qui fait suite à un incident dans un palais de justice de Maniwaki, au Québec, où un adolescent s'est fait tirer une balle dans la tête après une altercation, s'inscrit dans le plan triennal de la province d'armer ses shérifs et ses agents de la sécurité routière.

En été, quelques douzaines d’agents de la sécurité routière ont été les premiers autorisés à porter des armes, après que le ministère de la Justice et de la Sécurité publique eut reçu les résultats d'une évaluation sur les risques professionnels.

Selon le ministère, 36 shérifs, soit environ un sur quatre en ce moment, ont été formés pour utiliser des armes à feu, mais le nombre augmentera chaque mois avec de nouvelles séances d'entraînement.

Le syndicat du Nouveau-Brunswick qui représente les shérifs a déclaré que les membres sont divisés. La moitié d’entre eux se sentent plus en sécurité avec une arme à feu, l'autre non.

Jusqu'ici, le gouvernement a laissé le choix aux shérifs de décider s'ils veulent obtenir une arme à feu ou non.

Mais ce ne sera pas le cas pour les nouveaux employés, pour qui il sera obligatoire de suivre une formation intensive de deux semaines à l'Académie de police de l'Atlantique à l'Île-du-Prince-Édouard et cinq jours de formation additionnelle à Moncton pour utiliser une arme semi-automatique.

Un jeune homme dans le coma

Mercredi, un jeune homme de 18 ans a été grièvement blessé lors d'un affrontement avec un constable spécial au palais de justice de Maniwaki au Québec.

La bagarre a commencé lorsque l'homme, qui venait d'être condamné à une peine de six mois de prison, a demandé une pause-cigarette et on lui a dit que c’était impossible.

L’accusé a réussi à enlever la matraque des mains du constable. Le constable aurait alors sorti son pistolet et a crié à l’accusé de lâcher son arme à plusieurs reprises.

L’accusé a dit au constable : « Tu veux me tirer, ben tire-moi, tire-moi! »

Le jeune contrevenant a alors fait mine de se lever et le constable a tiré. La balle a atteint l’homme dans le milieu du visage.

La mère du jeune homme de 18 ans qui a été grièvement blessé lors de l’affrontement avec un constable spécial au palais de justice de Maniwaki affirme que son fils est « ok, mais il est encore dans le coma ».

Une situation différente dans la province

Au Nouveau-Brunswick, les shérifs armés ne seraient pas autorisés à pénétrer dans les salles d'audience, ou même dans les couloirs.

Pourtant, selon Michael Boudreau, professeur de criminologie à l'Université Saint-Thomas, le cas du Québec est un exemple parfait de la façon dont les choses peuvent dégénérer lorsque des armes à feu sont introduites.

« Leur première réaction a été d'utiliser leur arme à feu, ce qui mène toujours à la tragédie », a déclaré M. Boudreau.

« Sans une formation adéquate au départ, puis une formation continue pour les shérifs, un incident comme celui-là pourrait se produire au Nouveau-Brunswick et c'est une tragédie que tous les partis voudraient éviter. »

M. Boudreau a indiqué que la province n'a donné aucune explication réelle sur la raison pour laquelle les shérifs devaient être armés.

Le coût pour armer les agents provinciaux est estimé à environ 300 000 $.

D'après un reportage de Gabrielle Fahmy

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