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Les sociodémocrates du Maine veulent prendre de la place aux États-Unis

Alors que Donald Trump a été assermenté 45e président des États-Unis vendredi, une opposition s'organise. Les sociodémocrates, notamment à Bangor au Maine, essaient de reconstruire la base du sénateur du Vermont Bernie Sanders.

Un texte de Nicolas Steinbach

M. Sanders, le social-démocrate du Vermont qui a mené une chaude lutte contre Hillary Clinton aux primaires démocrates, avait gagné le Maine, le New Hampshire, le Vermont, le Rhode Island, et avait chauffé l’éventuelle candidate démocrate au Connecticut et au Massachusetts.

Ce mouvement, cette vague de fond social démocrate est toujours bien présente, peut-être même plus que jamais en Nouvelle-Angleterre.

Partout aux États-Unis, des citoyens se regroupent pour former de nouveaux chapitres sociodémocrates un peu partout aux États-Unis, pour reconstruire la base de Bernie Sanders. Jeudi, un nouveau chapitre a été créé à Bangor.

« Les sociodémocrates représentent le groupe qui grandit le plus rapidement actuellement aux États-Unis. On avait 6000 membres avant les élections, maintenant on est plus de 18 000 », explique le représentant démocrate de Portland à la Chambre des représentants du Maine, Mike Sylvester.

M. Sylvester affirme qu'il y a désormais des chapitres dans 50 États américains.

Les idées sociodémocrates défendues par ces démocrates ressemblent parfois à des politiques adoptées au Canada, notamment en matière d’assurance maladie universelle, du mariage gai et l’abolition de la peine de mort.

« Maintenant que nous savons que nous n'avons pas l'assurance maladie universelle, mais que pire encore nous avons le total contraire. La seule chose qu'on peut faire c'est former une opposition », rajoute M. Sylvester.

Des médias locaux et experts confirment qu'un momentum prend forme pour des mouvements plus progressistes. « Il y a un mouvement qui demeure. Je suspecte que ce mouvement va vouloir prendre le contrôle du Parti démocrate. J'ai l'impression que la façon de Donald Trump de gouverner va renforcer cette passion et cette énergie de la gauche progressiste. Je pense que le mouvement est réel et ça va être intéressant comment ça va se développer », avance Mark Brewer, professeur de sciences politiques à l’Université du Maine.

À la tête de ce mouvement, Mike Sylvester dit être le seul social démocrate élu à une Chambre des représentants des États-Unis. Il espère que des candidats de sa couleur politique se présentent aux élections municipales, dans les conseils scolaires l’année prochaine. Il espère construire et mener le mouvement aux élections d'état dans deux ans au Maine et jusqu'à la prochaine présidentielle.

« Je ne veux pas être le seul élu social démocrate. On va proposer des candidats dans toutes les élections, mais plus que ça, nous ne pouvons pas juste nous opposer [aux politiques de Donald Trump] nous devons aussi avoir une vision pour laquelle nous allons vouloir nous battre », explique-t-il.

Les États-Unis entrent dans une nouvelle ère de polarisation, où il y aura les partisans de la droite républicaine de Donald Trump, l'Amérique des oubliés, la classe ouvrière blanche des campagnes et les résidents des grandes villes où les démocrates ont été élus majoritairement.

L'Amérique comptera aussi des électeurs plus à gauche, des jeunes, plus progressistes, qui sont prêts à reprendre le flambeau.

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