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Les versions de Trudeau et de Trump ne concordent pas au sujet du sommet de l'OTAN

Justin Trudeau a évité de commenter les pressions exercées par Donald Trump sur les membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), jeudi, à l'issue du sommet qui se déroulait à Bruxelles.

Le tout découle du fait que le président des États-Unis s'est vanté d'avoir convaincu ses partenaires de l'OTAN de respecter l'objectif de dépenses militaires de 2,0 % du produit intérieur brut (PIB).

Lors d'un point de presse tenu à l'issue du sommet, le premier ministre canadien a été interrogé sur les déclarations de M. Trump, qui laissaient croire que les alliés avaient consenti à hausser encore davantage leurs dépenses militaires – et à le faire à un rythme accéléré.

Or, les propos tenus par Justin Trudeau n’ont pas semblé donner raison au président des États-Unis. Le premier ministre s’est plutôt limité à rappeler les engagements qu’il a pris au chapitre des dépenses militaires canadiennes avant le sommet de l’OTAN.

Le gouvernement fédéral augmentera ses investissements en défense de 70 % au cours des 10 prochaines années, en vertu de la nouvelle politique de défense annoncée par Ottawa en juin 2017.

« Le président a toujours été très clair : il voulait que les différents membres de l’OTAN investissent plus en matière de défense. Nous sommes fiers parce que nous allons investir 70 % de plus en matière de défense au cours des 10 prochaines années. Parce que c’est logique pour le Canada et que c’est important pour l’OTAN », a déclaré M. Trudeau.

Il ne s’est pas prononcé sur la demande du président Trump d’accélérer les investissements militaires.

Pas d'échéancier

Malgré cette hausse substantielle des dépenses militaires annoncée il y a plus d'un an, Justin Trudeau n’a pas été en mesure, jeudi, de confirmer que son gouvernement portera ses dépenses militaires à 2,0 % du PIB d’ici 2024, comme le réclame l’OTAN.

« Dans [la déclaration commune des pays de l'OTAN, mercredi], on s'est engagés à remplir nos responsabilités par rapport à l'accord du pays de Galles signé en 2014, a expliqué le premier ministre. Nous réitérons les engagements que nous avons pris de travailler vers 2,0 %. »

En 2018, le Canada a consacré 1,3 % de son PIB à la défense. Si l'on tient compte de cet engagement d'investir 70 % de plus en 10 ans, les prévisions de dépenses en matière de défense au Canada ne devraient toutefois représenter que 1,4 % du PIB, ce qui est loin de l'objectif de 2 % du PIB en 2024.

Missions canadiennes à l’étranger

Avant même le sommet de l’OTAN, M. Trudeau visait essentiellement à montrer la contribution canadienne au-delà des simples dollars.

Reconnaissant qu’il est nécessaire d’augmenter la participation militaire des pays de l’alliance, Justin Trudeau a réitéré jeudi son engagement de déployer 250 soldats en Irak pour diriger pendant un an une mission de formation des forces de sécurité locales.

Il a aussi souligné la prolongation de la mission canadienne en Lettonie jusqu’en mars 2023. Celle-ci a été lancée en 2016 et devait prendre fin en avril 2019. Il a aussi annoncé mardi qu’il augmentait le nombre de membres des Forces armées canadiennes sur le terrain. Ce sont 540 militaires canadiens qui seront déployés en Lettonie, soit 85 de plus que prévu.

Justin Trudeau estime que la participation canadienne au sein de l’OTAN peut s’exprimer de diverses façons.

En visitant mardi les troupes canadiennes à la base militaire d'Adazi, près de Riga, M. Trudeau a réitéré la rhétorique d'Ottawa : il est toujours possible de mettre plus d'argent dans la défense, mais il faut aussi tenir compte des gestes concrets posés par les différents partenaires de l'OTAN.

« En fin de compte, les paramètres les plus importants sont toujours les suivants : est-ce que les pays renforcent les capacités dont l'OTAN a besoin? Sommes-nous en mesure de fournir différentes ressources et de montrer le type d'engagement envers l'Alliance qui doit toujours être là? » Or, sur ce plan, « le Canada peut être extrêmement fier », a estimé M. Trudeau.

Un froid qui persiste

MM. Trump et Trudeau ont eu une courte rencontre mercredi soir. Il s’agissait de leur premier face-à-face depuis l'explosif sommet du G7 le mois dernier au Québec.

À l'issue du sommet du G7 dans Charlevoix, Donald Trump avait accusé sur Twitter Justin Trudeau d'être « très malhonnête » et « faible ». 

L'entretien à Bruxelles n'était pas une rencontre bilatérale officielle. Aucune réunion avec M. Trump n'était d'ailleurs prévue à l'agenda officiel de M. Trudeau lors de ce sommet de deux jours.

Les deux chefs d’État ont notamment discuté de commerce et du résultat des élections mexicaines.

Les échanges n’ont pas mené à des progrès sur le front de l’ALENA ni sur celui des tarifs douaniers.

Avec les informations de Fanny Olivier

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