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Les victimes d'inondations connaîtront leur sort dans 5 semaines au plus, promet Coiteux

Le ministre Martin Coiteux exhorte à la patience les victimes d'inondations qui attendent d'avoir le feu vert pour reconstruire ou pas leur maison, car cinq semaines seront encore nécessaires pour évaluer les propriétés sinistrées.

« Les citoyens sont préoccupés par la question des délais et franchement je les comprends », a assuré le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire du Québec, mardi, en impromptu de presse.

M. Coiteux assure que dans le courant des cinq prochaines semaines, les résidents des 5000 propriétés inondées seront fixés sur leur sort. Les fonctionnaires parviennent à l'heure actuelle à traiter 500 dossiers par semaine.

« Pour s'assurer d'indemniser rapidement les gens et leur donner des réponses », le ministère a embauché 90 personnes de plus et « met les bouchées doubles », assure le ministre Coiteux. Ces ressources supplémentaires avaient commencé à rejoindre les rangs du ministère dès « la pointe » des intempéries, en mai dernier, affirme Martin Coiteux.

À l'heure actuelle, pratiquement tous les dossiers soumis à la Sécurité publique ont déjà été traités. Il ne reste que ceux que les citoyens n'ont pas encore remis au ministère.

Et, dans 92 % des cas sur lesquels se sont penchés les fonctionnaires, « l'inspection a déjà eu lieu », affirme Martin Coiteux.

Des citoyens inquiets et mécontents

Ce point de presse du ministre survient au lendemain d'une série de consultations publiques auxquelles 2000 citoyens ont participé, non sans exprimer moult frustrations vis-à-vis des délais imposés par Québec.

La semaine dernière, les dirigeants des municipalités frappées par les inondations du printemps dernier avaient eux aussi participé à des consultations.

Martin Coiteux affirme que le gouvernement prend bonne note des préoccupations exprimées dans le cadre de ces consultations : « Il n'est pas question d'adopter aujourd'hui le décret. On va prendre en considération ce qui nous a été présenté », dit-il.

Le décret en question doit entrer en vigueur ce mois-ci. Le ministre des Affaires municipales affirme qu'en fonction des résultats des consultations, son contenu sera « amélioré » par rapport à ce qui avait été présenté en juin.

Un certain nombre de sinistrés craignent de perdre leur maison en raison de dispositions contenues dans ce décret.

La loi, c'est la loi

Mais, décret ou pas, il y a la loi : il y a presque trois semaines, Martin Coiteux avait affirmé qu'il appliquerait de façon stricte la loi qui interdit la reconstruction de bâtiments dans les zones inondables 0-20 ans. Il s'agit des zones où les risques d'inondations sont les plus élevés.

Et le projet de décret ne change pas la loi, a-t-il affirmé mardi. « De permettre de faire ''comme si'' ce n'était pas des zones inondables et de reconstruire tel quel, c'est quelque chose qu'on ne peut pas envisager parce qu'on met en danger la sécurité des personnes », insiste Martin Coiteux.

Les changements climatiques obligent le gouvernement à gérer la situation « avec le plus de rigueur possible », dit Martin Coiteux.

Incertitude climatique et gestion du territoire

Le gouvernement du Québec tiendra cet automne un forum sur l'impact des changements climatiques et la gestion des bassins versants.

Les crues printanières de cette année ont affecté 278 municipalités dans la province, causant des inondations dans plus de 5000 résidences et forçant l'évacuation de 4000 personnes.

Dans une phase initiale d'indemnisations, des sommes totalisant 23 millions de dollars ont été remises aux sinistrés qui ont eu à quitter leur domicile. Pour la suite des choses, le gouvernement instaure maintenant des bureaux permanents à Montréal, à Rigaud et à Gatineau, a déclaré Martin Coiteux, qui précise que les dossiers les plus graves – les cas de reconstruction par exemple – seront traités en priorité.

La CAQ réclame des réponses pour les citoyens

En avant-midi, mardi, la Coalition avenir Québec (CAQ) a interpellé le gouvernement libéral par voie de communiqué, déplorant que les sinistrés « soient encore tenus dans l'ignorance quant aux indemnités auxquelles ils auront droit ».

« Ce n'est pas normal qu'à l'heure où on se parle, le gouvernement n'ait pas plus de réponses que ça à donner aux citoyens », affirme Mario Laframboise, député de Blainville et porte-parole de la CAQ pour les affaires municipales.

Rigaud, un exemple de municipalité éprouvée

À Rigaud, où 25 familles sont toujours prises en charge par la Croix-Rouge, l'inquiétude tenaille les résidents des 500 propriétés inondées. Parmi celles-là, 200 sont à risque d'être déclarées « perte totale ». C'est-à-dire que le coût des réparations du bâtiment, situé dans une zone inondable de grand courant (0-20 ans), représente plus de la moitié (50 %) de sa valeur foncière au rôle en vigueur au moment du sinistre.

Le maire de la municipalité, Hans Gruenwald fils, décrit en ces termes la situation : « Quand l'eau montait, on avait un item à gérer : l'eau. Aujourd'hui, on gère presque 400 individus avec des personnalités différentes, des besoins différents et des situations différentes. Ça demande énormément d'énergie, je vous assure ».

Avec les informations de Louis de Belleval

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