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Les zecs crient à l’aide pour entretenir leurs chemins forestiers

Les zones d'exploitation contrôlées (zecs) sont à bout de souffle. Chaque année, elles engloutissent des millions de dollars pour entretenir les chemins forestiers sur leur territoire, mais cela ne suffit pas. Sans l'aide du gouvernement, l'accès au territoire sera compromis, avertit leur fédération.

Un texte d’Alexandre Duval

Plus de 68 000 kilomètres de chemins forestiers traversent les zecs, mais ces dernières soutiennent que l’entretien de ce réseau ne fait pas partie de leur mandat. Ces chemins sont publics et appartiennent donc au gouvernement, disent les zecs.

Elles les réparent tout de même, rappelle le président de la Fédération québécoise des gestionnaires de zecs (FQGZ), « sinon, personne ne le ferait et ce serait la mort assurée des zecs ».

« L’ensemble des zecs ont un chiffre d’affaires de 16 millions de dollars par année. Sur 16 millions de dollars, elles vont en investir autour de 5 à 6 millions dans l’entretien des chemins forestiers », affirme Jean-Claude D’Amours.

« C’est de l’argent [que les zecs] ne mettent pas dans l’aménagement et la protection de la faune, analyse-t-il. C’est de l’argent qu’elles ne mettent pas non plus dans la réfection des infrastructures. »

Manque à gagner : 9 M$

La FQGZ estime que pour garantir un accès complet aux activités de chasse, de pêche et de pourvoirie sur son territoire, elle doit entretenir 12 400 kilomètres.

Au pis aller, l’entretien de 7000 kilomètres permettrait à tout le moins de préserver « le noyau dur » des chemins forestiers, souligne M. D’Amours.

Le coût estimé de la facture : 9 millions de dollars par année pour le nivelage du sol, le creusage des fossés et le taillage de la végétation, notamment. La FQGZ voudrait que cette enveloppe d’argent soit offerte dès le budget provincial 2018.

Une rencontre a d'ailleurs eu lieu le 29 juin avec le cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs. L’attachée de presse du ministre Luc Blanchette, qui dit être « sensible à la préoccupation des zecs », mentionne que la FQGZ doit maintenant soumettre une demande officielle.

Un programme inaccessible

Il existe bel et bien un programme qui permet de financer l’entretien des chemins dits « multiressources » au Québec, mais il vise l’industrie forestière, qui « ouvre » constamment des sentiers pour atteindre sa matière première.

« On n’a rien contre le fait que le gouvernement soutienne l’industrie forestière, affirme M. D’Amours. Par contre, on dit qu’il y a de vrais chemins multiressources qui sont utilisés par plusieurs autres utilisateurs […] et on a besoin d’une certaine forme de soutien pour ces chemins-là. »

Les zecs ne sont d’ailleurs pas seules à expérimenter cette problématique. La Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) note que l’enjeu de la consolidation des chemins forestiers est « complexe et difficile à atteindre ».

« Chaque année, de nouveaux chemins sont construits par l’industrie forestière […] ce qui augmente l’ampleur du réseau déjà existant au détriment d’autres [chemins] qui sont délaissés », illustre Lucie Boulianne, porte-parole de la SÉPAQ, dans une réponse écrite.

« Bien que non négligeable », la contribution de l’industrie forestière est « donc très variable d’une année à l’autre et d’une réserve faunique à l’autre », dit-elle.

Jean-Claude D’Amours mentionne que sa demande concernant un programme d’aide pour les zecs sera soumise au cabinet du ministre Blanchette dans les prochaines semaines.

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