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Lisée a échoué au test pour diriger le PQ, croit Duceppe

L'ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, qui agit maintenant comme analyste politique, estime que le candidat à la direction du Parti québécois Jean-François Lisée a manqué à son devoir en associant son adversaire Alexandre Cloutier au prédicateur Adil Charkaoui.

En entrevue à l'émission Midi info, M. Duceppe a tenu à préciser les propos qu'il avait tenus la veille, lors d'une table ronde télévisée.

« Ce que j'ai dit hier à CTV, où je fais de l'analyse politique, [c'est qu'il] faut être responsable, avoir du jugement, toujours faire preuve de dignité. »

« En associant Charkaoui à Cloutier, [Jean-François Lisée] a échoué le test. Est-ce que toute sa carrière, c'est ça? Ce n'est pas ce que j'ai dit. Mais ce test-là, c'est important. Jouer avec des enjeux tels que ceux-là, c'est irresponsable », affirme-t-il.

Rappelons que le 17 septembre dernier, M. Lisée avait écrit sur Facebook que l'imam controversé Adil Charkaoui avait donné son « appui public » à Alexandre Cloutier. Devant le tollé provoqué par sa publication, Jean-François Lisée a par la suite reconnu qu'il avait eu tort, sans présenter toutefois des excuses.

Question identitaire

Gilles Duceppe juge que la question identitaire reste d'actualité et qu'elle doit légitimement être débattue dans la sphère politique. Mais il sert un avertissement devant les dérives populistes que l'on observe dans plusieurs pays.

« Je pense que toute la question identitaire est débattue depuis tellement longtemps au Québec [...]. Or, cette question-là est fragile, partout. On le voit aux États-Unis, en Europe », a poursuivi Gilles Duceppe.

« C'est une question avec laquelle on ne peut pas jouer, on ne peut pas faire dire des choses, associer des gens tels que Charkaoui, qui, même parmi les Arabes et les musulmans, est en minorité : il ne plaît pas à la majorité de ces gens-là. Et aller l'associer [ainsi], c'est irresponsable. »

Malgré tout, Gilles Duceppe trouve normal que la question identitaire fasse l'objet de débats pendant cette course.

« La question identitaire doit être réglée. On doit revenir [aux recommandations de la commission] Bouchard-Taylor et la régler une fois pour toutes. [...] Si le Parti libéral ou le PQ avaient appliqué Bouchard-Taylor, on n'en parlerait plus, de ces choses-là. »

Lisée dit avoir besoin de gens comme Duceppe

En entrevue à l'émission Gravel le matin, Jean-François Lisée a soutenu que s'il devenait chef du PQ, il aurait besoin de gens tels que Gilles Duceppe dans son équipe, « qui ont une grande crédibilité dans le mouvement souverainiste et au Canada pour faire l'unité et faire avancer nos projets ». Jean-François Lisée a déclaré que M. Duceppe « a droit à son opinion », mais il aurait « aimé qu'elle soit différente ou plus nuancée ».

De son côté, Gilles Duceppe refuse d'appuyer un candidat dans la course à la direction du PQ. Il dit avoir rencontré les quatre candidats - Alexandre Cloutier, Jean-François Lisée, Martine Ouellet et Paul St-Pierre Plamondon - dans les dernières semaines.

M. Duceppe affirme ne pas avoir l'intention de toute manière de s'engager en politique active à l'heure actuelle. « Je préside la compagnie de théâtre Jean Duceppe. Je suis analyste à CTV. Je fais des conférences. Et je suis bien dans ça », dit-il.

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