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Livres en français : Costco dit oui... puis non

Deuxième succès pour un groupe d'élèves de l'École Nouvelle Frontière à Grande Prairie : armés de lettres et de leurs plus beaux sourires, ils ont convaincu le magasin Costco de leur communauté albertaine de garnir les étalages de la succursale locale de quelques livres en français. La victoire a cependant été de courte durée, puisque le siège social de l'entreprise à Ottawa a décidé de ne pas en recommander après l'écoulement des stocks.

Un texte d’Emma Hautecoeur

Des élèves de l’école francophone de Grande Prairie, inspirés par leur enseignante, Michelle Hunter, avaient en effet déjà obtenu de la chaîne McDonald's la francisation des Joyeux Festins.

Forts de ce succès, ils en ont redemandé.

Michelle Hunter a donc fait les premiers pas auprès du gérant de la succursale locale. « Il était plus ou moins ouvert au début, raconte-t-elle, mais quand il a rencontré les élèves, il a compris l’importance [de faire venir des livres en français]. »

L’enseignante a cru, au début du mois de janvier, que l’action de son groupe avait porté des fruits quand un élève lui a dit avoir vu des livres en français sur les étagères du magasin à grande surface.

Au téléphone avec Radio-Canada, cependant, le vice-président adjoint au siège social de Costco, à Ottawa, Ron Damiani, a été ferme : cette commande de livres en français pour Grande-Prairie serait la dernière.

Une expérience de courte durée

Michelle Hunter affirme que Costco ne l’a aucunement avertie de l’arrivée des livres. « Avant les Fêtes, j’ai eu différents messages des gérants à Ottawa, dont un qui m’avait dit d’oublier ça », dit-elle. Mais elle n’avait pas eu de nouvelles depuis.

Selon elle, les livres n’ont pas pu être sur les tablettes plus de deux ou trois semaines. Ron Damiani n’a pas pu confirmer la date d’arrivée de la commande en magasin.

« J’aurais eu besoin d’au moins un mois [ pour leur montrer que la demande y était ] », explique Mme Hunter, qui doit elle-même publiciser l’offre des livres en français. « Ils n’en feront pas, eux, de publicité », ajoute-t-elle.

Dans le cas des Joyeux Festins au McDonald's, elle avait eu une longueur d’avance parce que le gérant l’avait prévenue dès qu'il avait fait la commande, puis à nouveau lorsque les livres sont arrivés dans les restaurants de Grande Prairie.

Un effort soutenu

Dans les coulisses des victoires de ses élèves, Michelle Hunter doit rester en contact régulier avec les gérants des entreprises visées pour que des ressources francophones restent accessibles.

À l’heure actuelle, elle mobilise les parents et les autres écoles du Conseil scolaire Nord-Ouest, afin qu'ils utilisent leur pouvoir d’achat et ainsi démontrer au gérant que la demande existe.

Pour l’enseignante et directrice adjointe de l’école qu’elle a elle-même aidé à fonder, donner un sentiment d’appartenance à ces élèves francophones n’a pas de prix. « Il faut aussi permettre à mes élèves de réaliser qu’ils ont une voix », ajoute-t-elle.

L’exercice semble malgré tout avoir fonctionné, puisque les élèves veulent savoir quand ils feront leur prochaine action pour la francophonie. Prochaine cible : Walmart.

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