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London pourrait devenir une « ville sanctuaire »

Le conseil municipal de London débattra de la proposition mardi soir.

Un comité municipal a entériné lundi soir une motion présentée par Tanya Park, demandant au maire de communiquer avec le gouvernement fédéral pour indiquer que la ville est prête à accueillir plus d’immigrants, notamment les personnes originaires des sept pays bannis par le décret de Donald Trump.

Nous voulons devenir une ville accueillante, diverse et inclusive.

Tanya Park, conseillère municipale du secteur 3, Ville de London

Mme Park estime que c’est de la responsabilité de la municipalité de donner l’exemple et de s’assurer que chacun est accueilli, peu importe ses origines ou sa religion.

La motion sera débattue en prochaine étape lors d'une réunion du conseil municipal mardi soir.

Si elle se déclare « ville sanctuaire », London offrira des services municipaux à des gens qui pourraient ne pas avoir le statut de résidents permanents, explique Mme Park.

On veut offrir à ces gens un endroit sécuritaire, le temps qu'ils reçoivent leurs papiers.

Tanya Park

Une déclaration symbolique et non légale

L’avocat spécialisé en immigration Joël Étienne rappelle toutefois que le concept de « ville sanctuaire » est avant tout symbolique et ne fait pas partie de la loi canadienne sur l’immigration.

London ne tente pas de déroger aux lois sur l’immigration et de donner un statut à des gens qui n’en ont pas.

Joël Étienne, avocat spécialisé en immigration

Selon lui, face à la politique américaine contre les immigrants et les réfugiés, il faut s’attendre à voir de nombreuses communautés canadiennes prendre position en faveur des réfugiés et des gens qui ont besoin de sanctuaire.

Il estime qu'avec ce genre déclaration de tolérance et d’ouverture, une ville envoie un message fort à son personnel et à ses fournisseurs de services quant à l'importance d'accommoder les réfugiés.

Au Canada, seules Toronto, Hamilton et Vancouver se sont déjà déclarées « villes sanctuaires ».

Un concept différent aux États-Unis

Il ne faut toutefois pas confondre le concept de villes sanctuaires au Canada et aux États-Unis.

Aux États-Unis, les autorités municipales prennent une position qui est contraire à la position du gouvernement fédéral qui dit : "Nous allons traiter des illégaux comme des citoyens, nous n’allons pas les dénoncer au service fédéral et nous allons leur donner toutes les protections qu’on accorderait à un citoyen américain".

Joël Étienne

Les villes sanctuaires canadiennes ne prennent pas cette position-là, précise Me Étienne.

« Il existe des corps de police qui protègent des personnes sans-papiers victimes de violence, mais ce sont des dispositions particulières », explique-t-il.

Une trentaine de villes américaines sont des « villes sanctuaires », notamment Détroit, Chicago et Los Angeles.

Windsor ne voit pas l'intérêt

Interrogé à savoir s'il pourrait considérer suivre l'exemple de London, le maire de Windsor Drew Dilkens a indiqué qu'il « ne voyait pas exactement ce que cela signifie ».

Le concept de ville sanctuaire « demeure flou » à ses yeux, et porte surtout « une valeur symbolique ».

Si des réfugiés sont autorisés à séjourner au Canada, alors je présume que les autres paliers de gouvernement ont prévu un moyen de pourvoir à leurs besoins de base.

Drew Dilkens, maire de Windsor

Le conseiller municipal Hilary Payne, pour sa part, s'interroge sur les différentes implications d'une telle désignation.

Nous avons tous de la sympathie pour ces réfugiés. Mais avant de se désigner comme ville sanctuaire, il faut bien réfléchir, c'est une grande question.

Hilary Payne, conseiller municipal, Windsor

Hilary Payne souligne qu'à son avis, il faudrait notamment « évaluer le coût des services dont les réfugiés ont besoin » avant de prendre une décision.

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