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Lutte contre l'État islamique : le plan Trudeau critiqué pour son flou

Presque 100 jours après le début de son mandat, Justin Trudeau et trois de ses ministres ont tenté de vendre une nouvelle stratégie de lutte contre le groupe armé État islamique (EI). Si le gouvernement défend une approche plus efficace, l'opposition croit déceler des « trous béants », alors que des experts y voient des aspects flous.

Un texte de Louis Blouin

Après des semaines d'attente, le NPD est déçu. Le plan présenté par le premier ministre manque de cohérence, selon ce parti. Hélène Laverdière, porte-parole néo-démocrate pour les affaires étrangères, déplore un plan avec « des trous béants à certains endroits ». Mme Laverdière aimerait savoir comment Justin Trudeau va « couper l'oxygène » à l'EI en matière d'argent et d'armement.

Pour elle, le gouvernement devrait être plus clair sur la définition même de la mission.

Elle se questionne notamment sur les risques pour les conseillers militaires qui font de la formation sur le terrain.

Une véritable stratégie?

Ferry De Kerckhove, ancien ambassadeur canadien, se demande si au-delà des « beaux sentiments » et des « belles phrases », Justin Trudeau offre un plan globalement efficace. Sans les avions de chasse du Canada, il se demande si « nous avons une stratégie qui s'intègre réellement dans la lutte armée contre l'État islamique ».

M. De Kerckhove croit cependant en l'utilité de la mission de formation des forces kurdes et irakiennes. Selon lui, le Canada a l'expertise pour opérer un changement positif et la formation est nécessaire pour les Irakiens.

Éléments flous

Justin Massie, professeur de sciences politiques à l'UQAM, affirme qu'il y a « beaucoup d'éléments qui sont demeurés nébuleux » lors de la conférence de presse du premier ministre.

M. Massie se demande dans quels quartiers généraux de la coalition seront déployés les militaires canadiens et quelle sera leur véritable influence sur le terrain.

Il voudrait également savoir comment le Canada aidera concrètement le Liban et la Jordanie à améliorer la capacité de leurs forces de sécurité.

Efforts diplomatiques

Si le Canada veut contribuer aux pourparlers de paix pour trouver une solution au conflit syrien, il devra avoir des propositions concrètes, soulève Justin Massie.

Toujours selon le professeur Massie, ce « flou » peut s'expliquer par le fait que le gouvernement fédéral ne peut pas agir de manière unilatérale. « Il doit le faire en concertation avec ses alliés et ces négociations semblent toujours en cours », explique-t-il.

Il ajoute qu'en ne précisant pas tous les détails, le gouvernement souhaite peut-être se laisser une marge de manoeuvre pour procéder au gré des demandes de ses alliés.

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