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Madeleine Meilleur retire sa candidature plombée par la controverse

L'annonce du retrait de la candidature de Madeleine Meilleur au poste de commissaire aux langues officielles suscite de nombreuses réactions au Nouveau-Brunswick.

La Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick réagit favorablement à la nouvelle. Après avoir reproché à l'ancienne ministre libérale de l'Ontario de ne pas avoir la distance requise pour occuper ses fonctions, Kevin Arseneau, le président de la SANB, nuance ses propos et la félicite pour la maturité de cette décision. « Ça m'a surpris en premier que ce soit elle qui ait dû se désister. Le fait que Justin Trudeau et Mélanie Joly n'aient pas écouté la population, ça a été un peu blâmé sur elle.

Toutefois, il demeure que le processus doit changer, selon lui. « Premièrement, le processus doit reprendre le plus rapidement possible pour trouver un successeur à Graham Fraser. [Ça prend] un nouveau processus complètement transparent, qui suit la loi et qui est complètement transparent », a continué Kevin Arseneau.

La SANB annonçait lundi qu'elle déposerait une requête d'un contrôle judiciaire à la cour fédérale au sujet du processus de sélection du commissaire aux langues officielles. Cette requête ne tombe pas dans l'oubli dit Kevin Arseneau, car il rappelle que c'est tout d'abord le processus qui est fautif.

Yvon Godin, l’ancien député fédéral du Nouveau Parti démocratique du Canada dans Acadie-Bathurst parle d’un rejet de Madeleine Meilleur à la grandeur du pays. « Même s’ils essaient de faire croire que c’était pas ça, ce n’était pas acceptable et elle n’aurait pas pu faire sa job à cause des personnes qui ne voulaient pas la voir là en raison de cette controverse ».

Selon lui, si Madeleine Meilleur avait pris la décision de rester et de prendre le poste de Commissaire aux langues officielles, la population ne se serait pas sentie représentée. « Les organismes auraient pensé qu’elle représentait plutôt le gouvernement que les citoyens. »

Roger Ouellette, professeur en science politique à l’Université de Moncton, explique que le sénat devait aussi voter pour ou contre la nomination de Madeleine Meilleur. Selon lui, elle se serait exprimée devant le sénat lundi sans être très convaincante. De son opinion, elle aurait préféré se récuser que de subir une humiliante défaite.

Pour Roger Ouellette, il s’agit d’un échec cuisant pour le gouvernement Trudeau. Jamais, depuis que le poste a été créé par Pierre-Elliot Trudeau en 1969, une nomination n’a causé autant de remous.

Il croit que c’est plutôt ironique, car depuis 1969, les candidats étaient nommés, sans réel processus de sélection. Tous ont reçu, à l’unanimité, l’appui des parlementaires.

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