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Manifestations en soutien au président vénézuélien à Vancouver

Deux rassemblements ont eu lieu vendredi à Vancouver pour soutenir le président chaviste du Venezuela, Nicolas Maduro, à l'heure où une profonde crise économique et politique secoue le pays en proie à une dérive autoritaire, selon les détracteurs du chef d'État.

Au Venezuela, les manifestations anti-Maduro sont quasiment quotidiennes depuis des semaines et la répression sanglante a fait plusieurs dizaines de morts. Mais à Vancouver, c’est le camp du président et « de la révolution bolivarienne » qui a été défendu lors de deux manifestations vendredi demandant aux Occidentaux et particulièrement aux États-Unis de cesser leur ingérence dans cette crise.

Le premier rassemblement a eu lieu à 16 h devant le consulat américain au centre-ville de Vancouver, tandis que le second rassemblement s'est tenu devant le Musée des beaux-arts où une pétition circulera pour demander à Washington de cesser ses interventions et pour appeler le président Trump à faire annuler le décret déclarant le Venezuela comme une menace à la sécurité nationale des États-Unis.

« Ces deux derniers mois, le gouvernement américain et ses alliés ont augmenté leurs interventions au Venezuela. Ils soutiennent aussi de plus en plus les violents opposants à la révolution bolivarienne. Il est temps d’afficher notre soutien au gouvernement et au peuple du Venezuela », déclare Alison Bodine, organisatrice des manifestations.

Une contre-manifestation encore plus populaire

Un appel pour une contre-manifestation au Musée des Beaux-arts a également été lancé sur les médias sociaux afin de s'opposer au point de vue des pro-Maduro. Et il a visiblement été entendu puisqu'une centaine de personnes ont répondu présentes. Les pro-Maduro étaient une quarantaine au Musée et une petite dizaine, plus tôt, devant le consulat.

Interrogé par Radio-Canada, Julio Suarez, Vénézuélien et enseignant de français à Caracas, se montre plutôt surpris d’entendre parler de rassemblements en faveur du président à Vancouver. « J’invite les manifestants pro-Maduro à venir ici. Qu’ils vivent la situation chaque jour, avec le salaire minimum pour voir s’ils continueront à soutenir ce gouvernement », a-t-il commenté par Skype.

Il raconte que le pays est presque paralysé par les manifestations, lui-même ne pouvant quasiment plus aller travailler. « Je ne peux pas aller au travail. On doit d’abord attendre de savoir quelles seront les manifestations du jour, où elles seront, ensuite savoir si les forces de l’ordre nous laisseront passer, car il y a toujours des barricades de police, du gaz lacrymogène », raconte-t-il.

Malgré l’opposition qui persiste, le chef d’État vénézuélien a annoncé jeudi qu’il souhaitait créer une nouvelle Assemblée constituante, composée de 545 membres et chargée de réécrire la Constitution. « La nouvelle Constitution fera l’objet d’un référendum consultatif pour que ce soit le peuple qui dise s’il est d’accord ou non », a annoncé Nicolas Maduro à la télévision nationale.

L’opposition, de son côté, a déjà fait savoir qu’elle ne participerait pas à cette assemblée, car elle considère comme « frauduleux » le système prévu pour désigner ses membres. Elle estime que le chef d’État aura toute la liberté d’y faire élire ses partisans lors du scrutin qui sera organisé à la fin du mois de juillet.

En deux mois, les manifestations antigouvernementales ont fait au moins 62 morts.

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