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Manque de places en garderie : le Nunavut songe à offrir la maternelle à temps plein

Le gouvernement du Nunavut étudie la possibilité de mettre en place l'école maternelle à temps plein afin de pallier la pénurie de places en garderie, qui oblige des parents à quitter leur emploi ou à abandonner l'école pour rester à la maison avec leurs enfants.

L’attente pour obtenir une place en garderie est d’au moins deux ans, au Nunavut.

Helen Roos, présidente du Centre de développement des compétences ilinniapaa, dit que la pénurie de garderies représente l’obstacle le plus important pour ses élèves.

C'est un problème avec lequel elle a elle-même été aux prises en tant que mère célibataire, il y a près de 20 ans, à Iqaluit. Le fils de Mme Roos est maintenant un adulte. Elle trouve décourageant de constater que, même si tout ce temps a passé, la situation ne s'est pas améliorée.

« Nous avons des gens qui ont dû abandonner leurs études ou leur stage, parce qu'ils ne pouvaient pas travailler aux heures requises », explique-t-elle.

John MacDonald, sous-ministre adjoint de l'Éducation du Nunavut, convient que la pénurie a des conséquences bien réelles.

700 noms sur les listes d’attente à Iqaluit

La capitale, et plus grande ville du territoire, Iqaluit, est l'une des plus démunies devant ce problème, note M. MacDonald.

Le gouvernement fédéral prévoit y construire une nouvelle garderie l'été prochain. On s'attend à ce que ce soit la plus grande garderie du Nunavut, avec une capacité de 60 enfants. Mais la demande est encore plus importante.

Il n'y a pas de liste centralisée des gens du territoire qui attendent une place dans un établissement autorisé. Mais le ministère de l'Éducation a mené une étude informelle et estime qu'environ 700 noms sont sur différentes listes d'attente pour des services de garde à Iqaluit. La liste d'attente actuelle à Aakuluk Day Care, l'une des plus grandes installations d'Iqaluit, compte à elle seule plus de 150 personnes.

Le gouvernement territorial a fait des services de garde une priorité et a demandé au ministère de l'Éducation de déterminer s’il serait opportun d’offrir la maternelle à temps plein. Une telle mesure permettrait en plus d’aider les enfants à apprendre à lire plus rapidement, souigne M. MacDonald.

Mettre en place la maternelle à temps plein pourrait coûter au gouvernement quelque 16 millions de dollars sur plusieurs années, indique-t-il.

Jusqu'à présent, le ministère a réalisé une analyse approfondie des besoins de même qu’une étude de faisabilité, et compte passer les prochains mois à discuter avec les intervenants du milieu.

Manque de locaux

Le défi est aussi de trouver de l'espace.

Ailleurs au Canada, la solution, c’est souvent d’utiliser des salles de classe inutilisées.

Mais contrairement à ce qu’on voit ailleurs, les inscriptions dans les écoles du Nunavut sont en hausse. Les locaux disponibles se font donc rares.

Plus de 30 % des habitants du Nunavut ont moins de 14 ans. C’est le double de la moyenne nationale.

Les fonctionnaires envisagent notamment le recours à des classes mobiles pour les élèves plus âgés afin de libérer de l'espace dans les écoles primaires.

Avec les informations d'Ashley Burke, de CBC News

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