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Marché du carbone : la rentabilité est incertaine

Alors que le gouvernement de l'Ontario s'attend que les revenus du Programme de plafonnement et d'échange atteignent 1,9 milliard de dollars l'an prochain, le Bureau de la responsabilité financière (BRF) de la province y voit plus d'incertitude.

L’analyste financier en chef du BRF, Peter Harrison, affirme que le Programme, qui sera mis sur pied pour aider la province à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, aura certainement des conséquences sur les finances de la province.

Le marché du carbone permet aux entreprises qui n'ont pas atteint leurs objectifs d'acheter des crédits d'autres compagnies qui ont surpassé les leurs.

Or, explique M. Harrison, la demande et le prix des quotas sont assez volatils. Lors des deux dernières enchères organisées par la Californie et le Québec, en mai et en août 2016, seuls 11 % et 35 % des quotas mis en vente ont été achetés par des émetteurs, respectivement. Comme la demande a chuté, les prix des quotas aussi ont baissé.

C’est difficile de prédire, d’année en année, comment les enchères vont se dérouler, alors on n’est pas vraiment capable de prédire [quels en seront les effets sur le déficit ou l’excédent de la province].

Peter Harrison, analyste financier en chef du BRF

De plus, comme les transactions seront en dollars américains, des changements au taux de change pourraient se traduire en variations de centaines de millions de dollars.

« C’est important de comprendre aussi que l’entente entre l’Ontario, le Québec et la Californie n’est pas encore conclue. Alors, on n’a pas beaucoup de détails sur ce point-là non plus » ajoute M. Harrison.

Le gouvernement ontarien est aussi avare de détails sur ce qu’il prévoit comme dépenses.

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Fonds utilisés à d'autres fins?

Pour sa part, le porte-parole néo-démocrate en matière d’environnement, Peter Tabuns, s'inquiète de la possibilité que le gouvernement n'utilise pas tous les revenus du Programme pour financer des initiatives vertes.

Le commissaire de l’environnement a dit que les fonds de plafonnement et échange seraient utilisés pour la production d’électricité… pour régler des problèmes politiques avec le prix de l’électricité.

Peter Tabuns, député du NPD

De son côté, le ministre de l'Environnement, Glen Murray, rappelle que, selon la Loi sur l’atténuation du changement climatique et une économie sobre en carbone, les dépenses liées au Programme de plafonnement et d’échange ne peuvent pas dépasser ses revenus.

Cependant, le BRF avertit que certaines dépenses pour des initiatives vertes peuvent être difficiles à réduire ou à annuler, une fois que la province s’y engage.

Le ministre Murray affirme que si les revenus sont moins élevés, le nombre de programmes que la province serait en mesure d'offrir en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre diminuerait aussi.

Le Programme de plafonnement et d’échange doit commencer le 1er janvier prochain.

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