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Markham : le vote dans la ville la plus cosmopolite du pays

Située dans la grande région de Toronto, la ville de Markham est en pleine croissance démographique, mais aussi en pleine transformation, avec l'apport de l'immigration. Cette mutation est aussi politique.

Un texte de Philippe Leblanc

Sous un soleil d'automne, deux employés préparent les fondations d'une nouvelle école à Markham. Une de plus pour James McKinnon et Kevin Odo, leur quatrième dans les dernières années dans cette ville de la banlieue de Toronto.

« Il y avait une ferme laitière de l'autre côté de la rue il y a quatre ans, dit Kevin Odo. Regardez maintenant. C'est un immense ensemble résidentiel. La ferme a été vendue 100 millions de dollars. »

Ensemble résidentiel à Markham Photo : Radio-Canada/Philippe Leblanc

Le visage changeant de Markham

On voit des grues de construction un peu partout en ville. La population de Markham a doublé ces 20 dernières années, passant de 160 000 à plus de 300 000. Une explosion démographique due à l'immigration.

« Je constate que ça a beaucoup changé ici lorsque je vais à la piscine publique avec ma fille », affirme le Vietnamien d'origine Duke Huynh.

Markham est la ville la plus cosmopolite du pays. Les trois quarts des résidents proviennent de minorités visibles. Les centres commerciaux comme la Peachtree Plaza ont d'ailleurs des affiches bilingues, en anglais et en mandarin.

Photo : Radio-Canada/Philippe Leblanc

Des traditions politiques en mutation

Assis à une table du centre commercial pour dîner, Louis Yip raconte qu'il a vu sa ville changer ces dernières années et que cela influence aussi les choix politiques.

« C'est libéral depuis longtemps à Markham, dit-il, mais on voit de plus en plus d'affiches conservatrices à chaque élection. Les nouveaux arrivants ont tendance à appuyer le parti au pouvoir, car c'est celui qu'ils voient le plus à la télévision, celui qui incarne le gouvernement. »

Selon lui, beaucoup de résidents de Markham semblent aussi aimer le fait que Stephen Harper souhaite le libre-échange avec la Chine.

L'ancien ministre libéral John McCallum détenait la circonscription de Markham-Unionville depuis 2003, mais avec le redécoupage de la carte électorale, il est candidat dans la circonscription voisine de Markham-Thornhill.

Photo : Radio-Canada/Philippe Leblanc

L'économie et non l'immigration au coeur des préoccupations

Elza Lee est venue faire quelques courses au centre commercial. L'enjeu clé de cette élection, selon elle, est l'économie.

« Je vais voter pour le chef qui saura bien gérer mon argent, dit-elle, un chef qui a déjà fait ses preuves. Sinon, le système de santé me préoccupe aussi, mais pas les questions d'immigration puisque je vis déjà ici avec toute ma famille. »

Elle ajoute que les résidents de Markham proviennent de plusieurs cultures et régimes politiques différents. Elle souhaiterait que les politiciens expliquent mieux la réalité politique canadienne.

Dans les circonscriptions comme celle de Markham-Unionville, la joute électorale se fait essentiellement à deux, entre libéraux et conservateurs.

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