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Martin Coiteux promet d'agir après de nouvelles allégations d'abus contre des femmes autochtones

« Extrêmement graves, très troublants et inacceptables ». C'est en ces mots que Martin Coiteux, ministre de la Sécurité publique du Québec, a défini les faits présentés par l'émission Enquête de Radio-Canada, pendant laquelle on entend des femmes autochtones de plusieurs régions du Québec dénoncer les abus sexuels de policiers qu'elles allèguent avoir subis.

En entrevue sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, jeudi, le ministre Coiteux a affirmé qu'il trouve la situation « très préoccupante » et que cela « ne va pas rester sans qu'on y donne des suites ». 

Les témoignages que rend publics l'émission Enquête surviennent plus de cinq mois après que des femmes autochtones de Val-d'Or eurent dénoncé pour la première fois des sévices sexuels, des abus de pouvoir et de l'intimidation; des allégations graves dont font l'objet des policiers de la Sûreté du Québec de Val-d'Or.

Martin Coiteux affirme qu'il ignorait que d'autres cas, similaires à ceux de Val-d'Or, s'étaient produits dans d'autres régions de la province. Il dit l'avoir appris lorsqu'il a été mis au courant de la diffusion du reportage d'Enquête.

Dans les cas des femmes de Val-d'Or, comme dans ceux des femmes de Maniwaki, de Sept-Îles et de Schefferville qui ont décidé de briser le silence, il appert qu'il est toujours aussi difficile de porter plainte contre des policiers. Les femmes qui ont accepté de témoigner disent craindre de ne pas être crues, a fortiori lorsqu'il s'agit d'agressions sexuelles commises par des policiers.

La pratique de la « cure géographique »

Déjà, à Val-d'Or, les journalistes d'Enquête avaient reçu les témoignages de femmes qui disaient avoir été victimes de « cure géographique », une pratique selon laquelle des policiers abandonnent surtout des Autochtones au milieu de nulle part pour qu'ils dégrisent.

À Maniwaki, une femme qui soutient avoir subi ce genre de traitement affirme qu'elle a dû s'y prendre à quatre reprises pour dénoncer les agissements de policiers à la SQ. La SQ affirme ne pas avoir reçu les trois premières plaintes que cette femme a écrites sur le site web de la police. 

Le ministre Coiteux assure avoir demandé que des vérifications soient faites « sur ces faits troublants ». 

La loi du silence

Il y a aussi des allégations selon lesquelles les cas d'abus sur des autochtones font l'objet d'une sorte d'omertà, que ce soit au sein des corps de police qu'au sein du ministère de la Sécurité publique. C'est ce qu'affirme avoir constaté Isabelle Parent, qui a travaillé au bureau du sous-ministre de la Sécurité publique comme inspectrice des services policiers du Québec.

À ce sujet, le ministre Coiteux promet aussi de tenter d'y voir plus clair.

Les policiers, pas assez sensibilisés à la réalité autochtone

Le ministre de la Sécurité publique du Québec compte également se pencher sur la formation offerte actuellement aux policiers. 

À l'heure actuelle, l'École nationale de police du Québec ne donne aucun cours sur les Premières Nations aux futurs policiers dans son programme régulier. Les policiers ne sont donc pas préparés aux réalités des communautés autochtones lorsqu'ils sont envoyés dans des postes de la SQ à proximité des réserves.

Enfin, Martin Coiteux se défend quant au refus que son bureau a opposé aux journalistes d'Enquête lorsque ces dernières lui ont réclamé une entrevue. Il affirme ne pas avoir été en mesure de réagir puisqu'il n'avait pas encore pris connaissance du contenu du reportage.

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