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Martin Prud’homme : « super-flic » à la rescousse du SPVM

On le dit droit comme un chêne, incorruptible, ambitieux et bon gestionnaire. Martin Prud'homme est arrivé là où il voulait aller, il y a 3 ans, en devenant le directeur général de la Sûreté du Québec. En étant nommé directeur par intérim du Service de police de la Ville de Montréal, jeudi, il est aussi devenu « le super-flic québécois ».

Une analyse de Sébastien Bovet, chef de bureau à l'Assemblée nationale

Je l’admets! Le scénario du directeur général de la Sûreté du Québec qui débarque au Service de police de la Ville de Montréal pour redresser le navire, je ne l’avais pas vu venir. En fait, personne ne l’avait vu venir, parce qu’à première vue, la décision est audacieuse, voire téméraire.

Pourquoi? Disons que la liste des contre est plus longue que la liste des pour (parfois, des éléments sont à la fois pour et contre).

Les pour :

  • Il n’a jamais été au SPVM, et arrive donc avec un regard neuf.
  • Il a un mandat fort du gouvernement.
  • Il gère déjà le plus gros corps de police du Québec.
  • Il connaît le fonctionnement du gouvernement, ayant été sous-ministre.

Les contre :

  • C’est un vert, pas sur le plan de l'expérience, mais plutôt sur celui de la couleur de chemise. Les rivalités entre les bleus (policiers municipaux) et les verts (policiers de la SQ) ne sont plus ce qu’elles étaient, mais elles ont laissé des traces.
  • Il connaît peu ou pas le SPVM.
  • Personne d’autre ne pouvait relever le défi? Il y a une si grande pénurie de bons gestionnaires (policiers ou civils) au Québec?
  • Il y a dorénavant de l’instabilité à la tête de deux corps de police plutôt qu’à celle d'un seul.
  • Ce n’est pas une mise sous tutelle, mais presque. Le ministre Coiteux parle d’administration provisoire, mais c’est à lui que le directeur du SPVM se rapportera pour poser un diagnostic sur l’organisation.
  • Le service de police de M. Prud’homme (SQ) a mené une perquisition dans le service de police (SPVM) qu’il dirige maintenant. Comment peut-il être à la fois directeur général (il garde son lien d’emploi) des policiers qui enquêtent et directeur des policiers enquêtés?
  • Le pouvoir policier au Québec est dorénavant concentré dans les mains d’une seule personne : « le super-flic québécois ».

C’est ce dernier point qui soulèvera peut-être le plus de questions. Imaginez le pouvoir, la quantité d’informations qu’un seul homme possédera en étant directeur du SPVM et en sachant que son fauteuil de directeur de la Sûreté du Québec l’attend dans un an.

Il faut souhaiter que Martin Prud’homme réussisse à mettre de l’ordre au SPVM. Comme citoyens, nous voulons que les policiers courent après les méchants. Nous ne voulons pas qu’ils soient plus occupés à mener des guerres de clans. Il en va de notre confiance envers le service de police. S’il y arrive, il aura vraiment gagné son titre!

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