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Martine Ouellet perd l’appui des jeunes du Bloc québécois

Les délégués du Forum jeunesse du Bloc québécois (FJBQ) ont retiré leur appui à Martine Ouellet, qui n'a pas, selon eux, « les qualités de rassemblement nécessaires », à quelques semaines d'un vote de confiance crucial pour la leader bloquiste.

Dans un communiqué, l’aile jeunesse bloquiste rappelle qu’elle l'a appuyée dès son arrivée à la tête du parti. Mais après des mois d’une crise de leadership qui a entraîné le départ de 7 des 10 députés que comptait le parti aux Communes, elle estime que Mme Ouellet « ne fait plus partie de la solution ».

« L’aile jeunesse pense qu’un retour à l’unité des forces indépendantistes de la scène fédérale est toujours possible, mais qu’il nécessite le départ de Martine Ouellet à la direction du Bloc québécois », explique le FJBQ .

Ce désaveu de l'aile jeunesse du parti face à sa chef survient à moins de trois semaines d'un vote de confiance sur le leadership de Mme Ouellet qui doit avoir lieu les 1er et 2 juin prochains.

Le trésorier du Bloc démissionne

Un malheur ne venant jamais seul, le trésorier du Bloc québécois, Jules Gagné, a remis sa démission mercredi, une information confirmée par la direction du parti.

Dans sa lettre de démission dont Radio-Canada a obtenu copie, Jules Gagné écrit : « J’ai dû composer avec une gestion financière déficiente, puis avec des changements de personnel très fréquents et des crises presque continues avec les députés ».

Se disant très attaché à Mme Ouellet, il poursuit en s'adressant à elle : « Martine, je t’ai trouvé vraiment formidable sur le plan des idées et de la communication politique [...] Parmi les rôles d’un chef de parti, il en est un qui est fondamental : maintenir la cohésion au sein du parti. Tu n'as clairement pas réussi. »

Cette démission au bureau national du Bloc québécois survient un peu plus de deux semaines après la démission de la vice-présidente, Kédina Fleury-Samson, au lendemain du conseil général du parti, à Drummondville.

Crise de confiance

En février dernier, les députés bloquistes Gabriel Ste-Marie, Luc Thériault, Rhéal Fortin, Michel Boudrias, Simon Marcil, Monique Pauzé et Louis Plamondon ont claqué la porte du parti en invoquant un « problème de leadership flagrant » et des différends irréconciliables avec Martine Ouellet.

Puis, le 9 mai dernier, les députés dissidents ont annoncé qu’ils comptaient fonder un nouveau parti indépendantiste à Ottawa nommé Québec debout.

Le Bloc québécois ne compte plus que trois députés à la Chambre des communes aujourd’hui : Mario Beaulieu, Xavier Barsalou Duval et Marilène Gill.

Or, Mario Beaulieu est ouvertement en conflit avec Martine Ouellet et, s'il est resté au parti, c'est pour tenter de la déloger.

La semaine dernière, M. Beaulieu déplorait d'ailleurs sur les ondes d'Ici Première que selon la formule retenue pour le vote de confiance, Martine Ouellet n'aura besoin que de 51 % de voix pour demeurer en poste, alors qu'il lui faudrait, selon lui, au moins 75 % des voix.

Mario Beaulieu a aussi dénoncé le fait que l'équipe de Mme Ouellet bénéficie de fonds de la permanence du parti pour se préparer au vote, contrairement aux opposants.

Rappelons que bien qu'elle soit chef du Bloc québécois, Martine Ouellet ne détient pas de siège à Ottawa. Elle siège à l’Assemblée nationale du Québec à titre de députée indépendante.

Convictions souverainistes intactes

En dépit de la crise qui déchire le parti, l’aile jeunesse du Bloc tient à préciser que les dissensions internes au Bloc ne portent pas sur l’idéologie du parti, mais bien sur le leadership de sa chef.

« L’aile jeunesse pense que la cause indépendantiste doit être centrale dans l’action du parti, tout en faisant bien sûr la défense des intérêts du Québec », assure le FJBQ.

Le Forum jeunesse estime cependant qu’il est toujours possible d’unir les forces indépendantistes sur la scène politique fédérale, mais que cela ne se fera pas sans le départ de Martine Ouellet.

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