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Martine Ouellet se lance dans la course à la direction du Bloc québécois

La députée de la circonscription de Vachon, Martine Ouellet, a annoncé dimanche qu'elle se lançait dans la course à la direction du Bloc québécois.

Entourée lors du point de presse de plusieurs députés et militants bloquistes qui appuient sa candidature, Mme Ouellet s’en est prise à de nombreuses décisions d’Ottawa, comme celle sur la vente de Rona et celle sur Muskrat Falls.

« On envoie 50 milliards d'argent des Québécois et des Québécoises au Canada année après année et je crois qu'il est important que l'on s'occupe de nos affaires. Et c'est pourquoi j'ai accepté l'invitation des militants et militantes », a-t-elle expliqué.

J’ai le goût de porter la voix des Québécois et des Québécoises.

Martine Ouellet, députée de Vachon

« J'ai été élue sous la bannière du Parti québécois pour réaliser l'indépendance du Québec. Et là, c'est le Bloc québécois, qui est aussi là pour réaliser l'indépendance du Québec. Amener un pays à faire son indépendance, c'est à la fois la chose la plus naturelle et la plus innovante qui soit », a-t-elle déclaré.

Son passage sur la scène fédérale, a-t-elle ajouté, aidera à la cause souverainiste. « Les pouvoirs que nous souhaitons rapatrier au Québec s'exercent actuellement à Ottawa. Donc pour pouvoir travailler ces pouvoirs-là, préparer leur rapatriement dans le gouvernement du Québec [...], je pense que c'est une belle place à Ottawa pour préparer l'indépendance du Québec », a-t-elle indiqué.

Martine Ouellet peut déjà compter sur plusieurs appuis, dont celui de la députée de Manicouagan, Marilène Gill, qui s'est réjouie qu'une femme brigue la direction du parti. « On a besoin d'un leader fort, d'un leader crédible. On a besoin de quelqu'un qui connaît ses dossiers, qui les travaille. Pour moi, c'est une excellente nouvelle et je souhaite qu'elle soit notre prochaine chef », a-t-elle affirmé.

La candidature de Mme Ouellet semble par ailleurs être bien accueillie au Parti québécois. Le chef de la formation politique, Jean-François Lisée, a souhaité bonne chance à sa collègue, ainsi qu'aux autres candidats potentiels, dans un gazouillis.

Le député péquiste Claude Cousineau était aussi à ses côtés lors de la conférence de presse. « Martine, c'est une femme dévouée pour sa circonscription, mais surtout une femme qui porte le mouvement indépendantiste dans son coeur », a-t-il rappelé.

Une candidature qui était pressentie

La députée provinciale qui a brigué, sans succès, à deux reprises la direction du Parti québécois réfléchissait à se lancer ou non dans la course à la chefferie du Bloc québécois.

Des militants bloquistes avaient sollicité sa candidature en décembre.

Le nouveau chef de la formation politique fédérale sera choisi le 22 avril prochain.

Félix Pinel, qui était candidat dans Rivière-des-Mille-Îles lors des dernières élections fédérales, a par ailleurs annoncé cette semaine son intention de briguer la chefferie du parti.

Porter deux chapeaux

Martine Ouellet a également annoncé qu'elle siégerait comme députée indépendante à l'Assemblée nationale jusqu'à la fin de son mandat, comme elle l'avait laissé entendre en décembre dernier. Elle a expliqué ne pas vouloir provoquer une élection partielle, puisque cela engendre d'importants coûts.

Par cohérence et par respect pour le Bloc québécois et le Parti québécois, je vais cependant me retirer temporairement, le temps de la course à la chefferie, du caucus du Parti québécois.

Martine Ouellet, députée de Vachon

« Je serai députée à l’Assemblée nationale, si je suis élue chef du Bloc québécois, mais je ne serai pas députée au Parlement parce qu’on n’est pas en période électorale », a-t-elle aussi précisé.

Martine Ouellet voit cependant à son avantage le fait d'« avoir un pied à Québec [comme députée] et un pied à Ottawa [comme chef] » pour être « la courroie de transmission entre les décisions canadiennes et l'impact de ces décisions sur le gouvernement du Québec. »

Une erreur, selon Gilles Duceppe

L'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, craint pourtant qu'en cumulant des fonctions autant à Québec qu'à Ottawa, Martine Ouellet nuise aux intérêts du Bloc.

« Député, ça demande du travail à plein temps, chef de parti également. Et quand c'est dans les deux parlements, je ne vois pas comment c'est possible », s'est-il inquiété. Ses propos font écho à ceux du député libéral Serge Simard, selon qui Martine Ouellet devra remettre sa démission si elle devient chef du Bloc.

Gilles Duceppe maintient que la course à la direction du Bloc québécois aurait dû se tenir en 2018. Selon lui, une course précipitée bloque la voie à d'autres candidats qui auraient souhaité se présenter. « On aurait dû la reporter pour qu'il y ait une véritable course et non un couronnement », déplore-t-il, ajoutant que l'absence de débats de fonds serait regrettable.

Martine Ouellet a tout de même réitéré, dimanche, qu’il n’y avait pas de conflit d’intérêts dans le fait de travailler à Québec et à Ottawa, selon le commissaire à l'éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale, et ajouté qu'occuper ces deux fonctions avait déjà été fait dans le passé. Elle donne l'exemple de l'ancien chef du Parti nationaliste Marcel Léger, qui siégeait aussi comme député à Québec.

Elle a en outre confirmé que si elle devenait chef du Bloc québécois, elle se présenterait aux prochaines élections fédérales en 2019 et ne serait pas candidate aux élections provinciales en 2018.

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