Des femmes choisissent encore de retarder leur entrée en politique en raison de leur désir de fonder une famille. Des lois sont toutefois peu à peu modifiées au pays pour mieux s'adapter à la parentalité.

Un texte d'Olivier Lefebvre

C'est une réalité de plus en plus discutée à l'échelle planétaire. La première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, prendra bientôt un congé de maternité de six semaines pour donner naissance à son premier enfant.

Elle ne sera toutefois pas la première chef d'État à mettre un bébé au monde en poste. Cette première fois revient à l'ancienne première ministre du Pakistan, Benazir Bhutto, en 1990.

Trois ans plus tôt, chez nous, l'ancienne députée libérale Sheila Copps devenait, en 1987, la première députée canadienne à donner naissance pendant un mandat.

En 2018, c'est au tour de la ministre fédérale des Institutions démocratiques, Karina Gould, de marquer l'histoire. Elle est la première membre d'un conseil des ministres de l'histoire du pays à prendre un congé de maternité. Elle devrait revenir en poste le mois prochain.

La Nouvelle-Écosse progresse

Elles sont de plus en plus de femmes élues tous paliers de gouvernements confondus. Les règles changent pour attirer de jeunes adultes en politique.

C'est en partie grâce à des élues comme Emily Lutz. Elle est conseillère municipale à Kentville, en Nouvelle-Écosse.

Elle milite pour des changements à l'échelle provinciale depuis son élection en 2016. Ses efforts viennent de porter fruit.

La Loi sur les municipalités a été modifiée le 6 avril pour permettre aux conseillers municipaux de prendre un congé parental. Cette absence prolongée peut s'étirer sur une période pouvant aller jusqu'à 12 mois.

Les conseillers municipaux élus en Nouvelle-Écosse peuvent ainsi s'absenter des réunions de leur conseil municipal sans risquer de perdre leur poste, et surtout, sans perte de salaire.

« On en parle de plus en plus. Je ne serais pas surprise de voir d'autres provinces et même le fédéral emboiter le pas », se réjouit-elle.

Au Nouveau-Brunswick, par exemple, ce sont encore les conseils municipaux qui établissent les règles du jeu pour leurs conseillers.

En Nouvelle-Écosse, une motion concernant les congés parentaux des députés provinciaux vient aussi d'être adoptée à l'unanimité à l'Assemblée législative.

Cela s'est produit le même jour où des changements ont été apportés à la Loi sur les municipalités.

Un espoir de changements au fédéral

Au fédéral, des changements sont espérés, notamment par la députée néo-démocrate de l'Abitibi-Témiscamingue, au Québec, Christine Moore. Elle est mère de deux jeunes filles.

« J'ai dû arrêter de siéger à partir de ma 30e semaine de grossesse parce qu'il n'y avait plus aucun moyen pour moi de me rendre de manière sécuritaire à Ottawa », explique-t-elle.

Un député fédéral peut rater au maximum 21 jours d'une séance de la Chambre sans être pénalisé financièrement. Au-delà de cette période, l'élu perd 120 dollars par jour.

Un projet de loi pour reconnaître les congés parentaux et ainsi remédier à ces pertes salariales pourrait être adopté d'ici l'été au Parlement.

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