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Médecins de famille : le gouvernement doit en faire plus

Trop de Néo-Brunswickois consultent des cliniques sans rendez-vous en premier lieu. Le gouvernement doit accroître ses efforts pour embaucher plus de médecins de famille, selon la Société médicale du Nouveau-Brunswick (SMNB).

« Les cliniques sans rendez-vous et les services d’urgence ne sont pas une option appropriée ou viable pour remplacer la médecine familiale, surtout pour les personnes atteintes d’une maladie chronique qui ont besoin d’une surveillance et de soins continus », souligne la présidente de la SMNB, Lynn Murphy-Kaulbeck.

Pourtant, beaucoup de Néo-Brunswickois choisissent cette option lorsqu’ils ont besoin de voir un médecin. C’est notamment parce qu’il manque de médecins de famille. Selon la SMNB, 30 postes de médecins de famille sont vacants à travers la province.

« Les patients vont dans les cliniques sans rendez-vous par manque d’accès à un médecin de famille, lance Samuel Daigle, ancien médecin de famille. Il y en a qui ont des listes d’attente de plusieurs semaines et certains n’ont même pas de médecin de famille ».

Un mauvais système de rémunération

Selon Samuel Daigle, c’est le système de rémunération des médecins qui est à blâmer. En payant à l’acte, il récompense les médecins qui voient beaucoup de patients en une journée, plutôt que ceux qui prennent en charge des dossiers à long terme. Beaucoup de médecins se dirigent donc vers cette pratique.

Il explique que les cliniques sans rendez-vous sont plus payantes pour les médecins, notamment parce que les visites sont plus courtes et demandent moins de suivi.

Conséquences pour les patients

La principale conséquence pour le patient est un manque de suivi adéquat.

Selon lui, un médecin de famille peut faire un meilleur suivi pour la santé globale du patient. « Le médecin de famille, c’est un chef d’orchestre. Il y a des patients qui voient plusieurs spécialistes, mais tout est dirigé par un même médecin pour s’assurer du bien-être général. »

Conséquences pour les contribuables

C’est aussi un système qui devient plus dispendieux pour les contribuables, selon Samuel Daigle. Il donne en exemple un patient qui va voir le médecin quatre fois par année pour de simples rhumes. Le médecin sans rendez-vous s’occupe de guérir plutôt que de prévenir. Le patient risque donc de revenir s’il retombe malade.

Le médecin de famille, en connaissant le dossier, peut éduquer le patient. Il lui donne des conseils de prévention et de guérison. Ce genre de consultation prend plus de temps et diminue le nombre de visites. C’est donc moins payant pour le médecin, mais moins coûteux pour le système. « Mais le système ne récompense pas ce genre de pratique », lance Samuel Daigle.

Une situation qui doit changer

La SMNB demande au gouvernement d’agir pour améliorer l’accès aux médecins de famille. « Nous encourageons la Province à accroître ses efforts pour pourvoir les 30 postes de médecin de famille vacants dans la province de sorte que les personnes sans médecin de famille puissent accéder d’une manière plus appropriée et courante à des soins et à des suivis médicaux », explique Lynn Murphy-Kaulbeck, présidente de l’organisation.

Pour Samuel Daigle, quelque chose aurait dû être fait depuis longtemps déjà. « Ça fait des années qu’on en parle. Ça ne change pas assez vite. »

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