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Médicaments pour la FIV : la décision de Québec devra attendre

Au Québec, les couples infertiles devront attendre encore quelques semaines avant de savoir si les médicaments utilisés pour la fécondation in vitro (FIV) demeureront remboursés par l'État. Le ministre de la Santé, qui dit ne pas vouloir éliminer complètement la couverture de ces médicaments, a demandé une révision de première recommandation de l'Institut national d'excellence en santé et service sociaux (INESSS), a appris Radio-Canada.

Un texte de Julie Dufresne

« Je dois vous avouer que la recommandation [de l'INESSS], à la lecture de la loi, était une recommandation limitative », explique Gaétan Barrette.

« La recommandation était basée exclusivement sur la lecture de la loi 20 [qui mettait fin à la gratuité complète du programme de procréation assistée]. Or, il se trouve que certains de ces médicaments sont utilisés en dehors du cadre de la FIV, alors aujourd'hui j'ai envoyé une lettre à l'INESSS leur demandant d'élargir leur réflexion au-delà des médicaments utilisés pour la FIV. »

Conséquemment, il faudra vraisemblablement attendre au mois de juin avant que l'Institut ne fasse sa recommandation finale. Le ministre assure toutefois que dès qu'il l'aura en main, il prendra une décision. Gaétan Barrette espère pouvoir le faire avant la fin de la session parlementaire.

Entre-temps, la Régie de l'assurance maladie rembourse toujours le coût de ces médicaments. Mais l'an passé, le gouvernement Couillard a mis fin à la couverture de la FIV, instaurant plutôt un système de crédits d'impôt. Le ministre de la Santé a aussi demandé un avis à l'INESSS sur les médicaments utilisés pendant la procédure.

Première recommandation « potentiellement discriminatoire »

Selon nos informations, l'INESSS a recommandé en mars de mettre fin à la couverture de tous ces médicaments - y compris ceux qui sont utilisés pour la stimulation ovarienne et l'insémination artificielle.

Sans confirmer ces informations, le ministre Barrette ne cache pas qu'il a fait retourner l'Institut à sa planche à dessin.

« Ces médicaments-là peuvent être utilisés dans d'autres conditions médicales que la FIV, par exemple pour des personnes qui ont des problèmes de fertilité naturelle. On peut utiliser ces médicaments-là quand même », dit-il.

« [...] Il faut faire attention de ne pas causer une situation qui serait potentiellement discriminatoire pour les patientes qui ne sont pas en FIV. »

Ce que laisse entendre cette réponse, déplorent les partis d'opposition, c'est qu'une partie des médicaments ne sera plus remboursée.

« La couverture médicale devrait être maintenue dans son ensemble, dit le porte-parole en santé de la Coalition avenir Québec, François Paradis.

« Ceux qui font les frais des attentes pour l'indécision et l'inquiétude par rapport à [la couverture médicale de la FIV], ce sont encore les familles québécoises. Il y a un élément d'inquiétude qui demeure. Il y a [des couples] qui ont décidé de faire une croix sur un projet fondamental. »

« Ça crée un climat d'incertitude et, à un moment donné, ça ne se justifie plus, tous les délais », ajoute Diane Lamarre, porte-parole du Parti québécois.

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