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Métro aérien : « On nous a poussés dans le dos » dit Régis Labeaume

Régis Labeaume accuse les promoteurs d'un projet de métro aérien d'avoir exercé de la pression indue sur son administration.

Un texte de Louis Gagné

Le maire de Québec affirme que c’est ce qui l’a convaincu de transférer le dossier à l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

« Ils nous ont poussés dans le dos [et ça] pour moi, ça s'appelle de la pression, de la pression politique. Là, ça suffit […] On a pris la décision de mettre fin à ça et d'envoyer ça à l'UPAC », a déclaré M. Labeaume, mercredi, lors d’un point de presse.

Le maire est revenu sur une rencontre tenue l’an dernier entre les représentants d’un consortium britannique, formé notamment des firmes PricewaterhouseCoopers et Arup, et le directeur des grands projets à la Ville de Québec, Charles Marceau.

C’est au cours de cette rencontre, dont l’existence a été révélée la semaine dernière par Le Journal de Québec, que les promoteurs du projet de métro aérien auraient insisté pour obtenir un contrat de gré à gré.

Proposition « illégale »

Régis Labeaume soutient ne pas avoir été mis au courant, à l’époque, de la proposition du consortium, qu’il qualifie d’illégale. Le maire martèle que Charles Marceau a pris la décision qui s’imposait en « fermant le dossier » et en cessant de rencontrer les promoteurs.

N’aurait-il pas dû, à ce moment-là, tirer la sonnette d’alarme et informer l’UPAC?, lui a demandé un journaliste. « Il n’avait pas à le faire, a répondu le maire. Ce n'était pas sérieux. Il a eu une proposition illégale, alors il a fermé le dossier. Vois-tu, il a d'autres choses à faire dans la vie que ça. »

Régis Labeaume mentionne que le dossier en serait resté là si le consortium n’avait pas tenté de forcer la main à son administration en utilisant les médias.

Éviter de « défigurer la ville »

Le maire a par ailleurs expliqué les raisons pour lesquelles l’option d’un métro aérien ou d’un monorail avait été écartée par le bureau d’études du défunt projet de service rapide par bus.

Les coûts de construction, évalués à 100 millions de dollars du kilomètre, étaient jugés trop onéreux. De plus, l’implantation d’une imposante structure aérienne constituée de piliers en béton aurait passablement transformé le paysage urbain.

« On ne peut pas défigurer une ville du patrimoine mondial de l'UNESCO en bâtissant des kilomètres de tracels de béton pour défigurer la ville, ça ne fait aucun sens […] Et en plus de ça, c’est plus cher », a résumé le maire.

La note technique transmise aux journalistes par l’administration municipale soulignait néanmoins certains avantages liés à l’implantation d’un monorail tels que la fiabilité, le faible niveau de bruit, l’absence d’émissions polluantes et la circulation à l’abri de la congestion routière.

Avec la collaboration d’Olivier Lemieux

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