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Mise à jour économique : Québec réinvestirait en santé et en éducation

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, profitera de surplus budgétaires plus élevés que prévu, qui s'établiraient désormais à 2,1 milliards de dollars, pour réinvestir dans les services à la population. M. Leitao en ferait l'annonce dans sa mise à jour économique cet après-midi à Québec.

Alors que le Parti libéral du Québec (PLQ) promettait de consacrer la moitié des surplus de l'année financière 2015-2016 à la réduction du fardeau fiscal de la classe moyenne et l'autre moitié à la réduction de la dette de l'État, le gouvernement ajoute maintenant un réinvestissement en santé et en éducation, notamment.

« Nous allons faire les trois, pas les deux, mais les trois, a dit le ministre Leitao hier. C'est quoi les trois? Nous assurer que les services publics soient financés à l'intérieur de notre capacité de payer et convenablement. Deuxièmement, comme on l'a dit depuis le début, d'alléger le fardeau fiscal, et troisièmement, c'est le contrôle de la dette. »

Quelque 75 % des surplus générés dans le dernier budget (1,5 milliard) seraient constitués d'excédents ponctuels, notamment du fonds de réserve non utilisé pour la gestion de catastrophes comme des inondations ou des tragédies comme celle survenue à Lac-Mégantic.

Le reste des surplus (500 à 600 millions) proviendraient quant à lui de divers postes budgétaires et seraient ainsi récurrents. Cette partie du surplus serait réinvestie en santé, en éducation, dans le développement économique et le développement des régions.

Une partie du surplus ponctuel serait, quant à elle, investie dans des infrastructures et la taxe santé commencerait à être abolie à compter du 1er janvier 2017, soit trois mois plus tôt que prévu à l'origine. Cette dernière mesure coûterait de 200 à 300 millions de dollars au gouvernement dans son budget 2016-2017.

Les services publics, victimes de l'équilibre budgétaire

La protectrice du citoyen, Raymonde St-Germain, a constaté en septembre dernier que les compressions effectuées pour parvenir à l'équilibre budgétaire avaient diminué les services rendus à la population.

Le ministre Leitao présente plutôt ce réinvestissement comme une continuité avec la mise à jour économique effectuée l'automne dernier.

« Comme on l'avait fait l'an passé, dans la mise à jour de l'automne dernier en 2015, on avait déjà à ce moment-là ciblé des dépenses en éducation qu'on jugeait importantes, a déclaré le ministre des Finances hier. Maintenant, un an plus tard, nous avons une marge de manoeuvre qui est meilleure que celle de l'année passée, donc nous allons continuer d'investir. »

Sans promettre des réductions d'impôts spectaculaires, le ministre Leitao a indiqué que les contribuables seraient satisfaits de l'énoncé économique qu'il présentera. « Ils pourraient être soulagés, soulagés dans le sens où ils et elles vont constater que la maison est en ordre, qu'on a réussi à faire des choses », a-t-il dit.

Le ministre Leitao présentera sa mise à jour économique à 15 h 30 cet après-midi.

Un surplus « honteux », dit Lisée

À l'Assemblée nationale, le Parti québécois et Québec solidaire pressent le gouvernement de réinvestir en santé et en éducation, tout en pourfendant les moyens qu'il a mis en oeuvre pour parvenir à dégager de tels surplus.

La Coalition avenir Québec plaide pour sa part pour un allègement du fardeau fiscal des Québécois.

Le chef péquiste Jean-François Lisée dénonce un « surplus honteux », réalisé « sur le dos des aînés [...] et des élèves ». Il s'attend à ce le gouvernement s'applique à « le distribuer en se pétant les bretelles », mais dit croire que « les Québécois ne seront pas dupes. »

Le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel, souhaite pour sa part que le gouvernement réduise l'impôt des contribuables. Il souhaite que M. Leitao ne se contente pas d'abolir la taxe santé.

« Depuis 2010, c'est 22 milliards de revenus additionnels - hormis les transferts fédéraux et les sociétés d'État - qu'on est allé chercher dans les poches des Québécois », a-t-il fait valoir. « Donc eux ont besoin d'oxygène, on a besoin de leur dire : l'effort, vous l'avez fait. »

Khadir dénonce des « surplus faramineux »

Le député de Québec solidaire (QS) Amir Khadir dénonce pour sa part la faiblesse des réinvestissements que le gouvernement s'apprête à annoncer dans les services publics. 

« Les compressions budgétaires, l'austérité de ce gouvernement a fait énormément mal à nos personnes âgées, à nos enfants en difficultés dans nos écoles, à nos personnels infirmiers, nos personnels de soutien qui travaillent dans les écoles parce que la situation est excessivement difficile », a déploré M. Khadir.

Le député Khadir comptabilise dans les surplus budgétaires la somme de 1,5 milliard de dollars que le gouvernement s'apprête à déposer dans le Fonds des générations. « Il faut réinvestir massivement dans le secteur public, dans tous ces services que le gouvernement a malmenés, a démantelés en quelque sorte ou désorganisés en raison de ses coupures très importantes », martèle-t-il.

Lui-même médecin, M. Khadir déplore que la majorité des réinvestissements du gouvernement en santé iront dans les poches des médecins. « Dans le domaine de la santé, on parle de plus d'un milliard de déficit de financement », souligne le député-médecin.

M. Khadir déplore les allègements fiscaux consentis aux plus nantis de la société au cours des 10 dernières années. Des pertes de revenus pour l'État qui pourrait les utiliser pour financer de meilleurs services publics.

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