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Monde municipal : Québec met fin aux « créatures du gouvernement »

Les municipalités du Québec auront dorénavant plus de pouvoirs et d'argent. Le gouvernement de Philippe Couillard a annoncé mardi une importante refonte de ses relations avec le monde municipal.

Un exemple : les municipalités ne peuvent pas déterminer elles-mêmes des limites de vitesse sur leur territoire. En effet, les villes doivent en faire la demande au gouvernement. Le processus est long et complexe et il illustre bien le manque de flexibilité accordée aux villes. Ce sera bientôt chose du passé.

Ça fait près de 40 ans qu’on parle de cette décentralisation. On n’a jamais avancé d’un pas. Là, on fait un pas important.

Richard Lehoux, président de la Fédération québécoise des municipalités

Autre exemple, les municipalités auront davantage d’autonomie pour aménager leur territoire, soit plus de marge de manœuvre en matière d’urbanisme et de zonage. En plus, le seuil minimal requis pour octroyer un contrat sans appel d’offres passe de 25 000 $ à 100 000 $.

Avec le projet de loi 122, Martin Coiteux parle d’une reconnaissance des municipalités comme de « gouvernements de proximité ». « L’expression "créatures du gouvernement" appartiendra désormais au passé », a-t-il dit.

Le pari de la décentralisation

Malgré les révélations découlant de la commission Charbonneau et des enquêtes de l’Unité permanente anticorruption, le premier ministre ne craint pas cette réduction des contrôles. Philippe Couillard affirme que son gouvernement a dorénavant choisi de faire confiance aux municipalités.

C’est un pari qu’il faut faire.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Ajoutons que, selon la nouvelle politique, les municipalités seront, entre autres, tenues de diffuser davantage de renseignements sur Internet, ce qui les obligerait à rendre des comptes. La surveillance retombera davantage sur les conseils municipaux et les citoyens.

100 millions de dollars par année d’ici 2022

Au-delà des pouvoirs, le gouvernement s’engage à investir dans le développement économique avec la mise sur pied du Fonds d’appui au rayonnement des régions. D'une valeur de 30 millions de dollars en 2017, il passera à 100 millions de dollars annuellement d’ici 2021.

« En début de mandat, la première chose que ce gouvernement a faite pour les municipalités du Québec, c’est de leur couper 300 millions de dollars annuellement, a déploré le porte-parole du Parti québécois en matière d'affaires municipales, Martin Ouellet. Ce même gouvernement se présente devant nous aujourd’hui en nous disant qu’il investit 100 millions pour le développement économique régional. Cette somme représente à peine le tiers des compressions imposées. C’est une insulte pour les régions qui se battent pour dynamiser leur milieu. »

Le gouvernement libéral continuera néanmoins de délier les cordons de la bourse. La Ville de Montréal recevra 50 millions de dollars par année. L’annonce d’un projet de loi sur son statut de métropole devrait avoir lieu cette semaine.

Le projet de loi sur le statut de capitale nationale pour Québec est quant à lui sur le point d’être adopté par les parlementaires à l’Assemblée nationale. La ville recevra une enveloppe de 25 millions de dollars d’ici 2022.

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