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Montée de l’extrême droite : Labeaume blâme la classe politique

La classe politique québécoise contribue à la montée de l'extrême droite en refusant de débattre de certains « sujets tabous », tels que l'immigration et le port de symboles religieux, croit Régis Labeaume.

Un texte de Louis Gagné

Le maire de Québec a livré une véritable charge à fond de train mercredi contre « le discours bien pensant » et « l’aveuglement » des élites dirigeantes.

« Pendant qu'on détourne les yeux, pendant qu'on est politiquement correct, pendant qu'on suit les propos, les opinions de la bien-pensance, l'extrême droite progresse, et beaucoup plus vite qu'on le pense », a-t-il soutenu lors d’une mêlée de presse.

Régis Labeaume reproche aux dirigeants de ne pas être à l’écoute d’une partie de la population qui a, selon lui, des préoccupations légitimes sur les enjeux liés à l’identité et à la laïcité, notamment.

Refuge idéologique

Le maire croit que le refus de débattre de ces enjeux sert les intérêts de groupes identitaires associés à l’extrême droite comme Atalante Québec ou La Meute. Il ajoute que les premières personnes à faire les frais de cet « aveuglement » sont les citoyens de confession musulmane.

« Il y a un gros danger actuellement de se déconnecter de la population et de ne pas voir qu’un discours d’extrême droite est une espèce de refuge idéologique pour beaucoup de monde. Du monde qui n’ont pas tous des doctorats. Du monde bien ordinaire. Du monde écœuré. Alors, refuser de faire ces débats-là, c’est une très grande erreur », a prévenu M. Labeaume.

Rassurer la population

Le maire de Québec est persuadé que la population n’est ni raciste ni xénophobe. Elle souhaite uniquement être rassurée sur les intentions des gouvernements par rapport à l’accueil des immigrants et au respect de la laïcité.

« Le monde a besoin de comprendre. Au-delà de dire que les gens qui ne comprennent pas sont des sans-cœur, sont des racistes et des xénophobes, prenons donc le temps de leur expliquer », a déclaré Régis Labeaume.

« On en a un débat »

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, ne partage pas l’opinion du maire Labeaume selon laquelle les questions identitaires sont taboues au sein de la classe politique. Elle cite en exemple le débat sur le port des signes religieux qui a lieu dans le cadre de l’étude du projet de loi sur la neutralité religieuse.

« On en a un débat. On a des échanges. Je ne comprends pas le propos de M. Labeaume parce que la discussion, elle est là, elle se fait à l’Assemblée nationale. Il y a eu des consultations. Les échanges se font […] Donc, le débat a lieu et dans un ton très correct », a réagi Mme Vallée à la sortie du Conseil des ministres.

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