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Montréal critiquée pour ses fuites d’eau et sa gestion des matières organiques

Il y a encore trop de fuites d'eau à Montréal, a critiqué la vérificatrice générale (VG) de la métropole. Cette dernière reproche également à la Ville sa politique de gestion des matières organiques.

Un texte de Romain Schué

Malgré la mise en place, en 2012, d’une stratégie montréalaise de l’eau, « force est de constater que le taux des pertes d’eau potentielles sur l’ensemble du réseau de l’agglomération demeure encore élevé », écrit Michèle Galipeau, dans son rapport annuel déposé lundi au conseil municipal.

Alors que Québec avait fixé pour objectif d’atteindre d’ici la fin de l’année 2016 un taux de fuites maximum de 20 % du volume total d’eau distribuée, ce chiffre atteint 34,7 % à Montréal.

Cette estimation est l’une des plus importantes des dernières années. Elle est néanmoins en baisse par rapport à 2002. Les pertes d’eau potable étaient alors estimées à 40 %.

Mais cela ne suffit pas, assure la VG, en demandant à la Ville de refaire ses devoirs à ce sujet.

Selon elle, la politique montréalaise mise en place « ne permet pas de réduire de manière optimale les fuites sur le réseau d’aqueduc en accord avec les exigences et les orientations prises ».

Responsable de ce dossier au sein de l’administration de Valérie Plante, le conseiller Sylvain Ouellet a assuré que cette conclusion confirme « les engagements de notre administration de continuer d’investir dans l’eau ».

« On est évidemment au courant que le réseau est vieillissant. Il y a encore des fuites, il faut le faire [investir] », a-t-il spécifié. Il ajoute que la quantité d’eau produite a « beaucoup chuté », ce qui entraîne un volume d’eau perdu moins important.

Début janvier, l’administration municipale avait notamment décidé d’augmenter la taxe liée à l’eau de 1,1 %, provoquant une hausse globale des taxes de 3,3 % pour 2018.

« Revoir le modèle » pour les matières organiques

La gestion des déchets est également à revoir, a noté la VG.

À Montréal, le taux de récupération des matières organiques était de 20 % en 2016. Ce chiffre a doublé par rapport à 2010, mais il reste nettement insuffisant, a souligné Mme Galipeau.

La métropole aurait dû, selon un plan du gouvernement provincial, recycler 60 % des matières organiques dès 2015. Or, cet objectif a été repoussé à 2025, a-t-elle noté, tout en précisant que « des efforts importants ont été investis ».

« Il faut revoir le modèle, il faut avancer plus loin », a admis Jean-François Parenteau, responsable de l’environnement pour l’administration Plante.

Ce dernier compte notamment accélérer « la sensibilisation auprès des citoyens » et prévoit étendre, dès l’année prochaine, la distribution de bacs bruns aux écoles et aux édifices comprenant plus de neuf logements.

Des mesures coercitives pourraient également être mises en place afin d’opérer un « changement d’habitude », a-t-il ajouté.

Alors que Québec compte bannir, d’ici 2020, les matières organiques des lieux d’enfouissement, Montréal confirme vouloir respecter ce délai.

« On essaie de ne pas le repousser, a-t-il avancé. Il faut garder le focus sur les objectifs initiaux. C’est important. On veut tous du changement. »

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