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Montréal subventionnera l'abattage des frênes malades sur des terrains privés

La Ville de Montréal bonifie son programme d'aide aux propriétaires dont les frênes ont subi des ravages causés par l'agrile.

Le responsable de l’environnement au comité exécutif, Réal Ménard, a annoncé jeudi que cette aide s’étendra maintenant à l’abattage et au remplacement des frênes sur des terrains privés.

La Ville offrira 5 $ de subvention par centimètre de diamètre du frêne abattu, jusqu’à concurrence de 4000 $ pour une propriété donnée.

Le budget global prévu pour l'abattage et le remplacement de frênes privés est de 900 000 $ par année pour 10 ans.

Plus de 5000 frênes abattus en 2016

En 2016, Montréal a traité par injection 27 422 frênes sur le domaine public et 4581 autres sur le domaine privé, par l'entremise de son programme de remboursement de 50 % des frais dans les zones à risque. La Ville a remplacé 5379 frênes abattus.

Les arrondissements les plus touchés ont été ceux de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Ahuntsic-Cartierville et Rosemont-La Petite-Patrie.

La Ville pense qu'elle pourra sauver de 50 000 à 60 000 frênes grâce à toutes les mesures annoncées. Quelque 15 000 arbres ont été abattus depuis la détection de l'infestation à Montréal, en 2011.

Malgré tout, selon Réal Ménard, la situation est sous contrôle. « On a évité l'hécatombe », a-t-il dit.

« À la Ville de Montréal, parce qu’il y a eu une stratégie agressive et précoce d’injection du TreeAzin [l'insecticide utilisé contre l'agrile, NDLR], il y a des dizaines de milliers d’arbres qui ont été sauvés. Quand on se compare à ce qui s’est fait ailleurs, on pense que la stratégie a donné des résultats », a estimé M. Ménard. « Est-ce que ça demeure un phénomène qui est préoccupant? Bien sûr », a-t-il ajouté.

Loin des objectifs de plantation, selon l'opposition

Au total, Montréal investira au moins 21,1 millions de dollars dans son Plan de gestion de la forêt urbaine en 2017.

Le parti Projet Montréal a souligné jeudi que la Ville était cependant loin de son objectif d'augmenter le nombre d'arbres de 65 000, de 2012 à 2017, à quelques mois de cette première échéance de son plan sur 10 ans. Moins de 16 000 arbres ont été ajoutés au territoire montréalais, selon l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville.

« Ce manque de préparation a un impact réel sur certaines rues de Montréal, qui attendent toujours que les frênes abattus y soient remplacés, sur les îlots de chaleur qui se multiplient et sur la pollution. En tardant à réagir à l’infestation d’agrile du frêne, l’administration Coderre a hypothéqué le couvert végétal de Montréal. Il faudra des années avant de retrouver ce que nous avons perdu », a déclaré le porte-parole de Projet Montréal en matière d'environnement, le conseiller Sylvain Ouellet, dans un communiqué.

Projet Montréal affirme que la Ville aurait sauvé beaucoup plus d'arbres si elle avait investi plus de fonds dans la lutte contre l'agrile du frêne en 2014, comme le parti d'opposition le réclamait.

« Il y a eu des rues aussi qui ont eu des abattages massifs. Il y a un parc dans Ahuntsic-Cartierville, 300 frênes abattus. J'ai des rues complètes où, des fois, sur un côté, par exemple en face du marché Jean-Talon, où il n'y a plus d'arbres. Oui, ils les ont replantés, mais par des petits chicots. Écoutez, de crier victoire, c'est refaire l'histoire au complet », a ajouté M. Ouellet en point de presse.

Avec des informations de Benoît Chapdelaine et Jean-Sébastien Cloutier

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