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Mort de baleines : les bateaux obligés de ralentir dans le golfe du Saint-Laurent

Le gouvernement fédéral oblige les navires à ralentir dans le golfe du Saint-Laurent pour réduire les risques de collision mortelle pour les baleines.

Un texte de Catherine Allard

Le gouvernement du Canada impose une limite de vitesse de 10 noeuds (18,5 km/h) à tous les navires mesurant au moins 20 mètres. Cette mesure temporaire est en vigueur immédiatement et sera levée lorsque les baleines auront quitté le secteur.

Les navires circulent habituellement à une vitesse de 15 noeuds, en moyenne, selon les estimations du ministère des Transports.

Le gouvernement fédéral avait déjà demandé à tous les navires de ralentir dans ce secteur. Cette mesure est aujourd'hui obligatoire.

La mesure s’applique dans le secteur du golfe qui s’étend de la côte nord du Québec au nord de l’Île-du-Prince-Édouard, mais la zone pourrait éventuellement changer, précise le ministre des Transports Marc Garneau.

Le ministère des Transports et la Garde côtière veilleront au respect de la nouvelle directive. Les contrevenants seront passibles d’une amende variant entre 6000 $ et 25 000 $.

Quel impact sur l'industrie?

Le ministre des Transports Marc Garneau reconnaît que ces mesures auront un impact sur l’industrie.

« Ça peut signifier des retards de l’ordre de six ou huit heures, selon les navires. Ceux qui circulent plus rapidement verront un impact plus grand. »

« On croit que l’impact va être accepté par l’industrie parce que c’est pour une cause importante. Ce sont des mesures raisonnables pour régler un problème important », ajoute-t-il.

Les pêcheurs ne sont pas touchés

La limite de vitesse ne touchera pas les pêcheurs, car ils circulent déjà à moins de 10 noeuds, précise Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels.

« Ce n’est pas une vitesse qu’ils font, c’est plutôt 9 ou ce genre de vitesse là. Se contraindre à une limite de vitesse de 10 noeuds, ce n’est pas quelque chose qui aura une incidence sur nos pêcheurs. Cependant, je pense que c’est une excellente mesure d’Ottawa d’être capable de restreindre cette vitesse-là », affirme Jean Lanteigne.

D'autres mesures à venir?

Le gouvernement pourrait imposer des mesures supplémentaires l'année prochaine, notamment en ce qui concerne l'industrie de la pêche.

Le ministre des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc, affirme qu'il attend les résultats des nécropsies faites sur les baleines mortes pour imposer davantage de mesures.

« Nous allons évaluer s’il est pertinent de modifier les saisons de pêche et aussi si des changements d’équipements [de pêche] permettraient de sauver des baleines », explique-t-il.

Les résultats seront rendus publics à la mi-septembre.

Dix baleines mortes cet été dans le golfe

Le ministre LeBlanc déclarait déjà, la semaine dernière, que son gouvernement ferait tout en son pouvoir pour protéger les baleines noires. Dix baleines de cette espèce sont mortes, cet été, dans le golfe du Saint-Laurent, sur une population qui se chiffre à environ 500 dans le monde.

Des nécropsies pratiquées sur certaines de ces baleines laissent croire que des collisions avec des navires ou l'empêtrement dans des filets de pêche ne sont pas étrangers à ces cas de mortalité.

Le gouvernement fédéral avait déjà décrété, à la mi-juillet, une fermeture partielle de la pêche au crabe des neiges dans le golfe et exhorté les marins à réduire la vitesse de navigation entre les Îles-de-la-Madeleine et la péninsule gaspésienne, pour tenter de mettre fin à l'hécatombe.

Avec des renseignements de Catherine Dumas

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