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Motards criminels : les mesures législatives se font attendre à l'Île-du-Prince-Édouard

Dix-huit mois après avoir promis de serrer la vis aux motards criminels à l'Île-du-Prince-Édouard, le premier ministre Wade MacLauchlan n'a pas encore soumis à l'Assemblée législative les mesures grâce auxquelles il entend dissuader des groupes comme les Hells Angels et les Bacchus de prendre pied dans la province.

Un texte de François Pierre Dufault

Ces mesures législatives sont toujours à l'étude, selon le gouvernement.

Pourtant, lors d'un point de presse réunissant tout l'état-major de la police, en janvier 2017, Wade MacLauchlan avait dit vouloir légiférer rapidement pour dissuader les groupes de motards criminels de s'installer dans la province.

Le premier ministre évoquait alors la possibilité d'interdire les couleurs de ces groupes dans les bars et restaurants. Il souhaitait aussi rendre illégale la construction d’édifices fortifiés et réglementer la vente de gilets pare-balles.

Un an et demi plus tard, le gouvernement libéral n'a pas encore déposé de projet de loi.

En novembre dernier, alors que la formation d'un chapitre en règle des Hells Angels à Charlottetown semblait imminente, Wade MacLauchlan avait dit suivre de près la situation, sans nécessairement s'en inquiéter. « D'un point de vue législatif, des changements sont toujours à l'étude », avait-il laissé entendre.

La Gendarmerie royale du Canada affirme que des sympathisants des Hells Angels à l'Île-du-Prince-Édouard ont le statut d'apprentis, soit la dernière étape avant la formation d'une section à part entière du club de motards criminels.

Ces sympathisants sont affiliés pour l'instant au chapitre de Woodbridge, en Ontario.

Des membres des Hells Angels étaient présents lors d'un rassemblement de la Confédération des clubs de motards de l'Atlantique qui a eu lieu à l'Île-du-Prince-Édouard en fin de semaine, selon la police.

Une activité qui devait avoir lieu à la filiale de la Légion canadienne à Miscouche a dû être annulée parce que l'organisation interdit depuis peu aux membres des groupes de motards criminels de porter leurs couleurs dans ses établissements.

Le député d'opposition Jamie Fox croit que le gouvernement envoie aux groupes de motards criminels le message qu'il n'est pas prêt à passer de la parole aux actes. La situation est « préoccupante », selon cet ancien policier.

L'élu de la région de Borden-Carleton rappelle que c'est lui qui a fait adopter par l'Assemblée législative la seule mesure dissuasive à l'égard des motards criminels. Il s'agit d'une modification au Code de la route qui oblige à présent les motocyclistes à se découvrir la tête et le visage lorsqu'ils sont interceptés par la police.

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