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Mulcair dit « avoir vu venir » l’affaire du niqab

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, assure que rien ne l'a surpris durant cette longue campagne électorale, pas même la controverse du port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté. 

Dans une entrevue à l'émission Power and Politics, à CBC, M. Mulcair dit qu'il s'attendait dès le départ à ce que le chef conservateur joue la « carte identitaire ». « Rien ne m'a surpris. Je savais que Stephen Harper avait planifié de jouer le jeu de la politique identitaire. [Quand M. Harper a fait une annonce sur le vote à visage découvert à Victoriaville en février 2015], j'ai su tout de suite que ça allait être une campagne sale. J'ai vu tout ça venir. »

«  M. Harper a joué la carte de la race tout au long de cette campagne », a-t-il ajouté.

La question du niqab a été au coeur de la campagne depuis que, le mois dernier, la Cour d'appel fédérale a confirmé un jugement précédent de la Cour fédérale qui invalidait une directive ministérielle visant à interdire aux femmes de prêter serment à visage couvert. Le gouvernement Harper a ensuite demandé l'avis de la Cour suprême.

Les conservateurs et les bloquistes sont contre l'assermentation à visage couvert, les libéraux sont de leur côté en faveur, et les néo-démocrates disent s'en remettre à la décision des tribunaux, ce qui fait dire à leurs adversaires qu'ils sont pour.

Depuis l'arrivée de cette affaire dans la campagne, les appuis au NPD sont en chute libre, surtout au Québec.

Pour Thomas Mulcair, la question du niqab n'est pas un enjeu et il accuse son rival conservateur d'avoir voulu faire diversion avec cette affaire, afin que les électeurs oublient son bilan économique et le fait que le Canada est le seul pays à s'être retiré du protocole de Kyoto, notamment.

Au sujet du projet de loi déposé par le gouvernement libéral au Québec, l'ancien parti de M. Mulcair au provincial, qui stipule que les services gouvernementaux devaient être donnés et reçus à visage découvert, le chef néo-démocrate réplique que cela « n'a rien à voir avec la présente campagne fédérale ».

Le chef néo-démocratique assure ne pas avoir mal compris les Québécois dans ce dossier. « J'ai confiance que dans leurs coeurs, les Québécois savent qu'être bons envers les autres et respecter les différences - qu'elles soient religieuses, culturelles ou linguistiques -, est le meilleur moyen de construire le futur ».

Budget équilibré, PTP et coalition avec les libéraux

Thomas Mulcair est par ailleurs revenu sur sa promesse de déposer quatre budgets équilibrés s'il forme le gouvernement, contrairement au chef libéral Justin Trudeau, qui est prêt à faire des déficits.

M. Mulcair souligne que cette promesse vient de ses propres convictions fiscales. « Lorsque j'ai expliqué ma position au parti, que nous devions être de bons et prudents administrateurs publics si nous souhaitions former le gouvernement, le parti et les membres étaient d'accord avec moi », a-t-il soutenu.

Selon lui, faire des déficits de milliards de dollars n'est que transférer ce fardeau fiscal aux générations futures.

Le chef néo-démocrate a également réaffirmé que s'il était porté au pouvoir, il déchirerait l'accord sur le Partenariat transpacifique, signé par le gouvernement Harper, soulignant qu'il tenterait d'obtenir une meilleure entente pour le Canada.

Il a aussi indiqué qu'une éventuelle coalition avec les libéraux semblait impossible. Selon lui, Justin Trudeau a lui-même fermé la porte à toute coalition avec le NPD si un parti ne parvient pas à obtenir la majorité le 19 octobre. M. Mulcair ajoute que tous ses efforts pour tendre la main à M. Trudeau ont été rejetés.

« Toutes les fois où j'ai ouvert la porte à la coopération, M. Trudeau l'a claquée », a-t-il illustré. 

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