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N.-B. : un groupe demande le « renvoi immédiat » de la commissaire aux langues officielles

Le groupe Citizens Action Team  exhorte le premier ministre du Nouveau-Brunswick à congédier la commissaire aux langues officielles Katherine d'Entremont.

Un texte d'Antoine Trépanier

Une lettre signée par environ 400 personnes a été envoyée au premier ministre Brian Gallant, aux chefs des partis d'opposition et à certains médias, pour mettre en lumière le fait que la commissaire est « biaisée et n'a pas démontré qu'elle pouvait agir de manière impartiale dans ses fonctions ». Le Nouveau-Brunswick est la seule province canadienne officiellement bilingue.

Le groupe soutient que dans le rapport annuel de 2014-2015 du commissariat aux langues officielles, la commissaire d'Entremont a fait preuve « d'un manque de respect, de compréhension, ou de responsabilité à l'égard de la majorité anglophone de cette province ».

On tire en exemples les recommandations de la commissaire concernant le bilinguisme des hauts fonctionnaires du gouvernement et de l'obligation de la Ville de Miramichi d'offrir ses arrêtés municipaux et ses procès-verbaux dans les deux langues officielles.

Dans son rapport déposé en juin, la commissaire relève des « violations généralisées » de la loi sur les langues officielles par la municipalité du nord du Nouveau-Brunswick.

En ce qui a trait au bilinguisme des hauts fonctionnaires, elle recommandait au gouvernement provincial de n'embaucher que des candidats bilingues à ces postes, à compter de 2020.

« Si les membres de la haute fonction publique ne sont pas suffisamment bilingues, eh bien, à ce moment-là, les fonctionnaires imposent leur langue aux citoyens et vraiment, ça doit être le contraire », avait soulevé Mme d'Entremont.

Le ministre ne condamne pas la sortie du groupe

Joint par Radio-Canada en après-midi, le ministre responsable des langues officielles au Nouveau-Brunswick, Donald Arseneault, affirme être au courant qu'il y a des tensions dans l'air concernant le dossier des langues officielles. Il affirme cependant qu'il n'a aucunement l'intention de demander le départ de la commissaire d'Entremont. 

Questionné à savoir s'il condamnait la sortie de ce groupe, le ministre a dit qu'il est question de « démocratie » ici et qu'il respecte toutes les opinions exprimées. 

« On a le droit de parole, ils ont droit de faire leur revendication. Par contre, je les encouragerais de prendre un pas par en arrière et regarder quel est le bien pour notre province », a déclaré M. Arseneault. 

La commissaire Katherine d'Entremont a refusé de commenter cette affaire. 

Pour sa part, la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) s'oppose à la demande du groupe de renvoyer la commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick.

« Cette demande n'est pas fondée puisque Mme d'Entremont ne faisait que rappeler la loi qui s'applique au Nouveau-Brunswick en ce qui concerne les langues officielles. Il s'agit encore une fois d'un manque de sensibilisation et d'explication quant à la Loi sur les langues officielles qui régit le Nouveau-Brunswick », a déclaré la présidente de la SANB, Jeanne d'Arc Gaudet. 

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