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« N’importe lequel de ces candidats pourrait gagner », dit un expert

Les membres du Parti saskatchewanais éliront leur nouveau chef samedi. Malgré une course à la direction de plusieurs mois, il demeure encore difficile pour le politologue Stephen Kenny de prédire qui des cinq candidats a le plus de chances de l'emporter.

« Mis à part la candidature de Mme Beaudry-Mellor, jusqu’à maintenant, je trouve qu’aucun des quatre candidats ne s’est démarqué des autres. Personnellement, en ce moment, je trouve que n’importe lequel des quatre candidats pourrait réussir. C’est une particularité de cette course », explique M. Kenny.

Stephen Kenny trouve curieux qu’aucun candidat ne se soit réellement démarqué au cours de cette campagne. Une situation qu'il attribue notamment au fait que la couse à la direction du parti a été, selon lui, menée dans l'ombre.

Le vainqueur sera déterminé par un scrutin préférentiel, c’est-à-dire que les membres du Parti saskatchewanais devront inscrire les noms des cinq candidats sur leur bulletin de vote par ordre de préférence.

Les membres du parti devront répéter l'exercice démocratique tant qu’aucun des candidats n’aura obtenu une majorité de 50 % des voix.

Gare aux sondages

Par ailleurs, le politologue a quelques réserves quant aux résultats des sondages dévoilés au fil de la campagne électorale. Selon lui, on ne peut pas en tirer de conclusions réelles, puisque la plupart de ces sondages ont été commandés par les candidats.

Stephen Kenny ajoute aussi que l’échantillonnage de ces sondages, soit la quantité de personnes interrogées, était souvent beaucoup trop mince pour offrir un reflet fiable de l'opinion de l'ensemble des membres du parti.

Un penchant vers la droite?

Bien qu'il ne soit toujours pas sûr de l'issue de cette élection, Stephen Kenny dit observer un mouvement vers la droite chez certains des candidats. Cela les distingue, selon lui, de Brad Wall qui, au cours de ses trois mandats, est demeuré plutôt au centre de l'échiquier politique.

« Le Parti saskatchewanais, si on parle du point de vue historique, c'est une alliance des libéraux et des [progressistes-conservateurs] de la Saskatchewan. C'était un parti qui visait le centre, et Brad Wall a gardé le cap pendant ses trois mandats [au pouvoir]. Au cours des derniers mois, avec cette course, ce que j'ai remarqué, c'est que les positions des différents candidats ont tendance à être orientées vers la droite », dit-il.

Du pain sur la planche

Une chose est certaine pour Stephen Kenny, c'est que le vainqueur aura beaucoup de travail à faire. Il devra notamment former son cabinet en plus de préparer la nouvelle session parlementaire et le prochain budget provincial, tous les deux prévus au mois de mars.

Des mois, voire des années, plus sombres attendent son successeur, affirme le politologue, qui rappelle la présence d'importants dossiers en cours, dont celui de la Régie de la plaque tournante de transport mondial.

« Il y avait quelques candidats, Gordon Wyant, je crois, et Tina Beaudry-Mellor, qui s’affichaient prêts pour une enquête judiciaire, mais pour la plupart, les gens n’en parlaient pas. Ils esquivaient un problème énorme auquel le nouveau premier ministre va devoir se mesurer », conclut Stephen Kenny.

Avec les informations de Pascale Bouchard-Dubé

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