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Ne laissez pas les trolls vous atteindre : le message d'une ministre aux jeunes femmes en politique

C'est au Manitoba que les Canadiennes ont obtenu pour la première fois le droit de vote, le 28 janvier 1916. Plus d'un siècle plus tard, les femmes qui choisissent de s'investir en politique rencontrent toujours d'importants obstacles.

Un texte de Pierre Verrière

À ce jour au Manitoba, seulement 51 femmes ont siégé à l'Assemblée législative.

Élu députée de la circonscription de Riel lors des élections provinciales de 2016, Rochelles Squires a été nommée au cabinet du gouvernement conservateur de Brian Pallister. Après avoir été ministre du Sport, de la Culture et du Patrimoine, elle est maintenant ministre du Développement durable. Elle est également responsable des Affaires francophones et du Statut de la femme.

Elle se rappelle ses premiers pas en tant qu’élue et les attaques dont elle dit avoir été victime.

« J'ai été attaquée sur mon genre, sur mon apparence physique et j'ai été harcelée sexuellement », raconte la ministre.

Aujourd’hui, elle encourage les jeunes femmes à suivre ses pas et à se lancer en politique en ayant confiance en elles.

« Aux femmes qui souhaitent entrer en politique, je leur dirais ceci : sachez que les trolls existent et qu'ils feront des commentaires, mais ne les laissez pas vous atteindre, faites changer la honte de camp et dénoncez-la », assène-t-elle.

Avoir confiance en soi

Un message que Katrina Leclerc ne comprend que trop bien. À 22 ans, la jeune femme a pris la présidence du Parlement franco-canadien du Nord et de l’Ouest (PFCNO) qui se réunit à Winnipeg cette fin de semaine.

Elle reconnaît que les jeunes femmes autour d'elle sont encore timorées à l'idée de s'engager en politique.

Selon Katrina, « la pression sociale convainc encore beaucoup de jeunes femmes et de femmes en général qu'elles doivent d'abord prouver leur valeur pour accéder à certains postes, alors que les hommes n'ont en général pas à se justifier. »

Elle-même reconnaît en avoir souffert.

Selon elle, la question de l’accessibilité des femmes aux carrières politiques devrait être au centre du débat.

« Cela requiert des horaires flexibles, un style de vie beaucoup plus demandant que certains autres emplois. Pour certaines femmes qui aimeraient avoir des familles, c'est difficile d'avoir une vie politique, car ce n'est pas une position nécessairement compatible avec ce style de vie », note-t-elle.

Montrer l'exemple

Cette fin de semaine, elle et ses jeunes collègues entendent pourtant montrer l’exemple. En effet l’une des membres de l'équipe du parlement jeunesse est aussi une jeune mère.

« Certains membres de la législature vont s'occuper de l'enfant pendant qu'elle s'exprime », explique Katrina.

« Nous pensons que c'est très important qu'elle puisse continuer son travail même si elle est mère de famille car ça ne change pas le fait qu'elle est compétente et que ce soit la meilleure personne pour ce travail. »

Rares femmes dans un milieu d’hommes

Concilier vie de famille et engagement politique a longtemps été le combat de Yolande Dupuis, qui elle s’est engagée sur un autre terrain, celui de la politique scolaire. Elle siège à la Commission scolaire franco-manitobaine depuis 1995.

« Ma plus jeune fille avait cinq ans lorsque je suis devenue commissaire et ça a demandé beaucoup de planification familiale. C’est important d’être appuyée par son partenaire et par les gens qui nous entourent », observe-t-elle.

Elle évoque aussi le fait d’être une des rares femmes dans un milieu d’hommes.

La situation ne l’émeut pourtant pas plus que ça.

« Je n’ai pas peur de donner mon opinion et je ne suis pas intimidée par cela ».

À visionner également : ce reportage sur la place des femmes en politique municipale.

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