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Négociations constitutionnelles: Terre-Neuve s'en remet à Trudeau, le N.-B a d’autres priorités

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, s'en remet à Justin Trudeau sur la question constitutionnelle, tandis que celui du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, fait valoir qu'il a d'autres priorités.

Les deux premiers ministres des provinces de l'Atlantique étaient de passage à Ottawa où ils ont chacun rencontré leur homologue fédéral.Intercepté à sa sortie de la réunion, Dwight Ball a affirmé que Justin Trudeau avait fait déjà fait connaître sa volonté sur l'intention du gouvernement Couillard de relancer le débat constitutionnel.

« Nous considérons le Québec comme un ami de Terre-Neuve-et-Labrador au même titre que toutes les autres provinces, mais le premier ministre (Trudeau) a déjà fait savoir qu'il ne voulait pas rouvrir la constitution » , a-t-il dit.

Le premier ministre canadien a fermé la porte à toute réouverture de la constitution jeudi, quelques heures avant que Philippe Couillard ait rendu publique sa Politique d'affirmation du Québec et de relations canadiennes, un document de 200 pages.

Les ministres québécois du gouvernement Trudeau ont ensuite répété que le gouvernement avait d'autres priorités.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a tenu des propos similaires vendredi.

Brian Gallant et Dwight Ball se sont toutefois dits ouverts à discuter avec leur homologue québécois. Philippe Couillard prévoit une vaste offensive à travers le pays pour convaincre les Canadiens de la justesse de ses revendications.

Si la porte semble être fermée dans ces deux provinces pour la relance de négociations constitutionnelles, elle demeure ouverte en Saskatchewan.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a fait connaître jeudi ses propres demandes. Il veut mettre la péréquation sur la table, un système qu'il trouve injuste pour une province productrice de pétrole comme la sienne.

Pas d'appétit ?

Sans militer pour la relance du débat constitutionnel, le chef de l'Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, y voit tout de même une façon de régler de façon permanente les questions qui touchent les communautés autochtones.

« On n'a jamais été rassasié depuis la fin des années 1980 avec les échecs constitutionnels qui ont reporté à beaucoup plus tard les questions liées aux enjeux autochtones », a-t-il dit en entrevue.

« On a toujours faim, mais en même temps il faut savoir que les conditions doivent être réunies », a-t-il poursuivi.Cela implique, à son avis, un élan collectif pour trouver un bon moment et de bonnes raisons de s'asseoir à une table de négociation où les Autochtones ont leur place.

« Tout le monde qui est un peu au courant de l'histoire constitutionnelle des 30 dernières années sait très bien que les Autochtones ne se contenteront jamais d'un processus qui vise à satisfaire le Québec d'abord et les Autochtones par la suite », a-t-il rappelé en faisant allusion au vote d'Elijah Harper, le député Cri du Manitoba dont le vote avait fait échouer l'Accord du lac Meech.

Si libéraux et conservateurs ont répété jeudi qu'il n'y avait pas d'appétit dans la population pour les enjeux constitutionnels, le professeur en droit constitutionnel, Benoît Pelletier, croit que le projet de Philippe Couillard pourrait permettre de le creuser.

« L'appétit vient en mangeant, a-t-il remarqué. C'est sûr que si personne n'en parle, il ne peut pas y avoir d'appétit. »

« Ça risque de créer plus d'intérêt, mais ça ne créera pas pour autant de l'engouement parce que ce sont des questions qui demeurent relativement techniques et qui n'intéressent pas tout le monde . »

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