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Nomination de Madeleine Meilleur : Trudeau n'y voit pas une erreur

Justin Trudeau ne juge pas avoir commis une erreur en nommant Madeleine Meilleur à titre de commissaire aux langues officielles. L'ancienne ministre libérale a fini par se retirer du poste.

Le premier ministre Trudeau a réitéré, mardi, le message que martèle son gouvernement depuis des jours, soit que le processus ayant mené à cette désignation était des plus rigoureux.

La nomination de l'ancienne ministre libérale du gouvernement ontarien -- et donatrice à la course à la direction de Justin Trudeau -- a provoqué un tollé sur la colline.

L'opposition a tapé sur le clou sans relâche, et le gouvernement a maintenu le cap jusqu'à ce qu'un blocage se dessine au Sénat, la semaine passée. Face à la perspective d'un tel désaveu, Madeleine Meilleur a choisi de retirer ses billes.

En plus de ce poste non rempli du côté du Commissariat aux langues officielles (CLO), les libéraux se retrouvent avec quatre autres sièges d'agents du Parlement à combler. Et si l'on tarde à nommer ces officiers, ce n'est pas le processus libéral qu'il faut blâmer, mais bien la précédente administration conservatrice, a offert Justin Trudeau.

Le gouvernement Harper « avait tellement politisé le système de nomination que la fonction publique était très peu impliquée »; tout était fait « au niveau politique », a-t-il reproché.

Le NPD a déposé lundi une motion visant à réformer la façon dont sont nommés les officiers indépendants afin d'évacuer toute partisanerie du processus. Les conservateurs comptent se ranger derrière la motion lorsqu'elle sera soumise aux voix, selon ce qu'a indiqué le porte-parole Jake Enright.

La leader du gouvernement en Chambre, Bardish Chagger, a pour sa part affirmé qu'elle souhaitait étudier le libellé de la motion, mais qu'elle était ouverte aux suggestions.

Le vote sur la motion néo-démocrate pourrait se tenir mercredi.

Commissaire intérimaire

De son côté, la commissaire intérimaire aux langues officielles, qui tient le fort depuis décembre dernier, ignore toujours si son mandat sera prolongé.

Mais Ghislaine Saikaley se dit tout à fait prête à rester en poste plus longtemps s'il le faut, en attendant l'arrivée d'un commissaire permanent.La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, disait mercredi dernier qu'elle donnerait plus d'information sur ce qu'il adviendra du poste de commissaire aux langues « au cours des prochains jours ».

Rapport éclipsé

La controverse entourant cette nomination a tant accaparé l'attention qu'elle a éclipsé le dépôt du rapport annuel du Commissariat aux langues officielles (CLO), jeudi dernier.

La commissaire par intérim Saikaley en a toutefois présenté les grandes lignes, mardi, devant le comité permanent des langues officielles.

Elle a tenu à prévenir les députés réunis à la table qu'il y avait encore « beaucoup de chemin à parcourir en matière de respect des langues officielles ». C'est en tout cas ce que montre le volume de plaintes acheminées au CLO en 2016-2017, soit 1018 -- du jamais vu depuis 2009-2010, alors que plus de 1400 plaintes avaient été traitées.

Cette année-là, un événement en particulier -- la menace de fermeture de la station de Radio-Canada à Windsor, seule station de langue française dans cette région -- avait fait exploser le volume des plaintes. En 2016-2017, la nature des plaintes était variée.

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