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« Nous avons sauvé le Québec du désastre financier », réitère Couillard

Alors que l'opposition dresse un bilan accablant de ses politiques, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, visiblement revigoré, se targue d'avoir fait éviter à la province un gouffre financier aux conséquences incertaines. La bourrasque financière étant passée, il promet une embellie à tous les niveaux.

Succédant à ses adversaires politiques qui ont été particulièrement cinglants à son égard, M. Couillard s’est présenté en homme de parole et d’action, lors de son point de presse.

Égrenant les réalisations de son gouvernement, il s’est attardé notamment sur ses réalisations dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’économie.

Pêle-mêle, il a rappelé l’assainissement des finances publiques avec le retour de l’équilibre budgétaire, « les 420 000 personnes de plus [qui] ont accès à un médecin de famille depuis 2014 », l’abolition de la taxe santé, les « 140 000 emplois créés » depuis son accession au pouvoir, le réinvestissement en éducation, etc.

À ceux qui lui reprochent d’avoir sacrifié beaucoup de services sur l’autel de l’austérité, le premier ministre répond que c’était le prix à payer pour sortir du déficit budgétaire. Il se targue du reste d’avoir fait un tel exercice sans avoir affaibli les budgets de la santé et de l’éducation, comme l’ont fait, selon lui, les péquistes par le passé.

On a augmenté moins rapidement les budgets en santé et en éducation, mais on les a augmentés ces budgets-là. Et dès que les marges de manœuvre sont apparues, tout de suite, l’argent est retourné dans le réseau de l’éducation et, on le voit maintenant, dans le domaine de la santé.

Philippe Couillard

« Plutôt que de réagir en mettant le monde à la retraite, en coupant le budget de santé et d’éducation, on a réagi avec force, avec leadership, en gardant notre personnel, en conservant les budgets de nos ministères clés (Santé et Éducation), en les augmentant moins vite, mais en les conservant », a expliqué Philippe Couillard.

Car l’autre choix, a-t-il argumenté, « c’était de laisser le Québec aller dans le gouffre du déficit. C’est une spirale dont on ne se serait pas sortis avant plusieurs années et qui nous aurait ramenés vers des périodes excessivement douloureuses de véritables coupures ».

Confronté à ses affirmations selon lesquelles il avait sauvé le Québec, le chef libéral a précisé son propos pour dire que son gouvernement, à l’unisson, avait fait les bons choix pour éviter un endettement et une décote aux conséquences fâcheuses pour la province.

Nous avons sauvé le Québec du désastre financier. Et ça, je peux le dire, parce que les faits sont là, les faits sont indubitables. C’est aussi important comme catastrophe éventuelle que ce qui a existé sous Lucien Bouchard et sous René Lévesque. Sauf que nous, on n’a mis personne à retraite, on n’a pas vidé nos hôpitaux et nos écoles et on n’a pas coupé la paie des fonctionnaires de 20 %.

Philippe Couillard

Un remaniement? Peut-être, mais pas en Santé ni en Éducation

Interrogé plusieurs fois sur l’imminence d’un changement de son équipe ministérielle, le premier ministre a éludé les questions des journalistes, tout en laissant entendre que les ministres de la Santé et de l’Éducation étaient assurés de garder leur portefeuille.

« Je suis conscient du fait que dans les grandes missions, comme la santé et l’éducation particulièrement - et l’enseignement supérieur - , la stabilité du leadership est importante pour les réseaux. Ceci dit, je suis toujours en réflexion quant aux façons d’améliorer mon équipe », a-t-il concédé.

M. Couillard a reconnu que les turbulences qu’a connues récemment son gouvernement ne sont pas étrangères à un certain déficit de communication. Il est d’avis qu’il faut être proactif, plutôt que d’accuser les coups et de se confiner dans une posture défensive.

Bombardier, les Autochtones et les accommodements raisonnables

Le premier ministre s’est par ailleurs montré manifestement agacé par la lenteur du gouvernement fédéral à investir dans Bombardier, alors qu’il l’a fait, sous Stephen Harper, pour sauver l’industrie automobile.

« C’est quelque chose qui est difficile à accepter », a affirmé M. Couillard, ajoutant que ce dossier est « important pour la cohésion du pays ».

Je trouve dommage que le gouvernement fédéral ne soit pas visiblement au cœur du plus beau et du plus gros projet d’innovation canadien actuellement, qui est la Série C de Bombardier.

Philippe Couillard

Au sujet des rapports entre les communautés autochtones et les corps policiers, le chef libéral n’a pas voulu se prononcer sur une enquête publique réclamée par les chefs des Premières Nations.

« Je veux trouver une façon de rendre justice aux femmes autochtones pour qu’elles puissent s’exprimer. Je veux qu’elles se sentent en sécurité dans les communautés, et s’il y a des problèmes systémiques entre les corps policiers et les communautés autochtones, qu’on puisse les régler et améliorer les choses au bénéfice des populations autochtones », a-t-il souligné.

Ma sincérité est complète [dans les discussions avec les chefs autochtones]. Je veux qu’on trouve cependant le véhicule qui est efficace, qui nous amène à un résultat. C’est là-dessus que je suis en conversation. Je n’ai éliminé aucune hypothèse.

Philippe Couillard

Enfin, pour ce qui est du projet de loi 60 sur la laïcité et les signes religieux, Philippe Couillard a réitéré que ce sera le « visage découvert pour la réception la prestation de service public. Ces orientations-là ne changeront pas. Il y aura des améliorations à apporter au projet de loi pour le rendre encore plus affirmatif et je dirais que le projet est presque un calque complet de la commission Bouchard-Tayllor ».

Décochant des flèches à l’endroit de ses opposants péquiste et caquiste, il a martelé : « moi, je ne trahis pas mes convictions. Voilà une différence avec mes adversaires. Mes convictions ne sont pas à géométrie variable. Mes convictions sont profondes et c’est comme ça qu’on gouverne. »

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