Les touristes qui visitent Toronto payent depuis le 1er avril une taxe hôtelière de 4 % sur leur facture. Elle s'applique pour l'instant aux hôtels, motels et aux auberges, devrait permettre à la métropole d'amasser 16 millions de dollars en revenus par an.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Ce prélèvement fiscal ne fait pas l'affaire de tous. Une nuit à l'hôtel coûte en moyenne 181 dollars à Toronto selon le site Hotels.com. À sa sortie de son hôtel, une Québécoise qui a refusé de se nommer affirme qu'elle trouve les hôtels tellement chers qu'elle ne s'est « pas aperçue de la nouvelle taxe de 4 % » sur sa facture en réglant sa note.

Chris Wolton, qui possède une entreprise, l'a au contraire tout de suite remarquée lorsqu'il a réservé des chambres pour ses employés. « Ce sont toujours les touristes ou les gens d'affaires qui finissent par payer, cette taxe risque d'en dissuader plusieurs de venir visiter Toronto », dit-il.

En décembre, le gouvernement Wynne a passé un loi qui autorise les municipalités de l'Ontario a ponctionner un tel prélèvement fiscal. La nouvelle taxe remplace en fait les anciens frais de marketing de destinations dont le pourcentage était fixé de façon discrétionnaire par les municipalités. Les villes de Sudbury et de Kingston prélèvent déjà cette taxe hôtelière; celle de Niagara Falls compte le faire prochainement.

À Toronto, le conseil municipal, qui a adopté la taxe à la fin janvier, n'a donc fait que suivre l'exemple de nombreuses villes qui la perçoivent déjà, que ce soit en Ontario ou ailleurs dans le monde. La taxe s'applique à une nuitée d'une durée de quatre heures minimum à l'hôtel ou à des séjours continus de moins de 30 jours. Elle apparaît de façon distincte sur la facture.

Les invités ne payent toutefois pas la taxe pour des services complémentaires, comme la réservation d'une salle de conférence à l'hôtel. Les repas et l'alcool ainsi que les frais de téléphone et d'internet dans la chambre ne sont en outre pas touchés non plus.

Une partie des revenus engendrés par la nouvelle taxe permettra d'améliorer les routes, les services de récréation et le transport public. L'autre sera versée à l'organisme privé à but non lucratif Tourisme Toronto qui est chargé de promouvoir la métropole au pays comme à l'étranger.

L'agence ne nous a pas rappelés en raison du congé pascal, mais l'Association de l'industrie touristique de l'Ontario défend l'imposition d'une telle taxe. Sa présidente, Bath Potter, ne pense pas qu'elle aura par ailleurs un effet dissuasif. « Il est trop tôt pour le dire, mais la loi provinciale stipule qu'une partie des revenus doit servir à promouvoir davantage la métropole comme destination de prédilection, ce qui permettra d'attirer plus de touristes. »

Le Britannique Michael Lester affirme qu'il n'a pas payé la taxe, parce qu'il a séjourné dans un logement de location de type Airbnb. Il a été chanceux, mais le répit des propriétaires de locations de courte durée comme les B&B et les appartements Airbnb ne devrait pas être long : la taxe entrera en vigueur en juin lorsque le réglement sur le zonage sera amendé. « Il est donc temps de rentrer au pays », lance M. Lester à la blague.

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