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Omnipraticiens à 4 jours semaine : « Ce sont des jours de clinique », nuance la Fédération

Les médecins omnipraticiens travaillent de moins en moins de jours par année. En fait, près de la moitié d'entre eux travaillent quatre jours ou moins par semaine.

Ces données, qui ont été rendues publiques à la suite de l’étude des crédits du ministère de la Santé, montrent que près de la moitié des médecins ont travaillé moins de 199 jours en 2016-2017.

Un peu plus du cinquième des médecins ont travaillé 150 jours par semaine.

Pendant ce temps, plus de 300 000 Québécois inscrits au Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) avant décembre 2017 n’avaient toujours pas été pris en charge en date du 1er avril dernier.

La cible visée par le ministre Gaétan Barrette en déposant le projet de loi 20 était de faire travailler les médecins 210 jours par année, soit l'équivalent de 42 semaines à 5 jours par semaine. Devant ces nouvelles statistiques, le ministre de la Santé affirme que « comme gouvernement, nous allons continuer à mettre de la pression ».

En entrevue à En direct avec Patrice Roy, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Dr Louis Godin, a nuancé les statistiques. « Cent quatre-vingt-dix jours, ce sont des jours de clinique. Ça ne veut pas dire qu’on ne travaille que 190 jours par année. On fait beaucoup d’autres choses, qui souvent ne sont pas rémunérées et sont en lien avec le service aux patients, que ce soit des papiers administratifs, des suivis d’examens… Ça ne fait pas partie de la statistique », dit-il.

Il fait aussi valoir que les médecins, à l'instar « d'autres groupes de professionnels, [ont] aussi une préoccupation plus importante par rapport à la famille. La majorité des médecins de famille sont des omnipraticiennes. Donc, oui, il y a eu des changements, mais qui ne sont pas juste propres aux médecins ».

Dr Godin est confiant que la cible d'accès à un médecin de famille pour 85 % de la population sera atteinte d’ici la fin de l’année.

Les partis d’opposition critiquent quant à eux les hausses de salaire allouées aux médecins. « Plus on donne de l’argent aux médecins, moins les patients ont de services, moins ils ont accès à un médecin », affirme Diane Lamarre, porte-parole du Parti québécois en matière de santé et d'accessibilité aux soins.

« C’est l’échec de l’argent en fonction de la productivité. Et celui qui mange la recette qui a collé au fond, c’est le patient », clame François Paradis, porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de santé et de services sociaux.

Pour le député Amir Khadir, de Québec solidaire, c'est la rémunération à l'acte qui doit être remise en cause. « Le commissaire à la santé disait il y a trois ans qu’il faut revoir la rémunération à l’acte. Ça ne marche pas. Pas juste parce que ça coûte cher : c’est parce que ça ne marche pas pour les patients », rappelle-t-il.

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