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« On est à des années-lumière de nous entendre », réplique Coiteux aux syndicats

C'est sans ambages que le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, rejette la contre-proposition faite mercredi par le Front commun qui représente 400 000 employés du secteur public.

Certes, Martin Coiteux salue l'ouverture manifestée par les syndicats, qui ont décidé de reporter leurs journées de grève, prévues pour les 1er, 2 et 3 décembre, « pour laisser toute la place à la négociation ».

Toutefois, pour le président du Conseil du Trésor, les syndicats ont fait la « sourde oreille » au gouvernement. Oui, ils ont bougé, reconnaît le président du Conseil du Trésor, « mais encore faut-il qu'on bouge de manière significative, et ce n'est pas le cas aujourd'hui ».

Un minimum syndical inacceptable pour Coiteux

Plus tôt en après-midi, mercredi, le Front commun avait rendu publique sa contre-offre par laquelle il demande au minimum 6,9 % d'augmentation de salaire sur 3 ans.

La contre-proposition des syndicats se détaille comme suit :

  • l'indexation des salaires en fonction de l'indice des prix à la consommation, minimalement 1 %;
  • 1 % de rattrapage par année pour chacune des trois années (et 0,5 % par année si la croissance du PIB est supérieure à 1 %).

Depuis le début de la négociation, les syndicats réclamaient des augmentations de 4,5 % par année pendant 3 ans. 

Rappelons que l'offre du Conseil du Trésor s'étale, elle, sur 5 ans et comporte deux années de gel et 3 années avec des augmentations salariales limitées à 1 % par année.

Et mercredi, Martin Coiteux ne s'est pas montré disposé à en déroger. À ses yeux, cette contre-proposition est irrecevable. « C'est un prix qui est trop élevé », dit-il. M. Coiteux estime à 12,4 milliards de dollars l'écart entre les deux offres, en extrapolant sur cinq ans.

Le président du Conseil du trésor soutient que de consentir à la plus récente contre-offre contreviendrait au cadre fixé par le gouvernement, car l'équilibre budgétaire ne pourrait être respecté. Ou les impôts des Québécois augmenteraient, ou il y aurait des compressions dans les services.

Pour leur part, les syndicats jugent que leur contre-offre « tient la route », protège leurs membres contre l'appauvrissement, et contribue à rapprocher leurs salaires de ceux du secteur privé. « On espère que le geste qu'on pose sera vu comme une considération des salariés du secteur public qui tient compte des objectifs du gouvernement d'arriver à une entente négociée et conclue », a indiqué la présidente de CSQ, Louise Chabot.

Une loi spéciale au début de la nouvelle année?

Sans brandir ouvertement la menace de l'imposition d'une loi spéciale, le président du Conseil du Trésor affirme qu'il y a une « impasse ».

Citant le premier ministre Philippe Couillard, Martin Coiteux dit qu'« on ne peut pas avancer bien longtemps dans l'année 2016 avant d'en arriver à une entente ».

Philippe Couillard, de son côté, n'envisage pas de loi spéciale :« Il n'est pas question de ça, a-t-il affirmé à l'occasion d'une conférence de presse portant sur la présentation d'un programme destiné à lutter contre l'intimidation. Actuellement, moi, je travaille pour avoir une entente négociée ». 

Des négociations cruciales pour la suite des choses

Le président du Conseil du Trésor affirme que le négociateur du gouvernement va rencontrer les chefs syndicaux de manière intensive dans les jours à venir. Des jours de négociation qui vont s'avérer « cruciaux », spécifie Martin Coiteux.

Jacques Létourneau, président de la CSN, mise lui aussi sur ces pourparlers à venir pour résoudre le décalage entre les parties.

En entrevue sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, M. Létourneau a affirmé qu'il n'est pas inquiet de la perspective que le gouvernement mette un terme à la discussion en imposant une loi spéciale. Il soutient qu'il n'y aurait pas lieu d'agir ainsi puisque, jusqu'ici, dit-il, les services essentiels ont été assurés et il n'y a pas eu de dérapage. Il soutient que les choses se sont particulièrement bien déroulées dans le secteur de la santé. « Même le ministre Barrette l'a reconnu », a affirmé Jacques Létourneau.

La relativité salariale et la retraite

Dans la contre-proposition présentée mercredi au gouvernement, le Front commun annonce qu'il veut poursuivre les travaux sur les questions de la relativité salariale.

En ce qui a trait à la retraite, les syndicats disent être prêts à mettre de l'avant des mesures incitatives plutôt que les mesures coercitives préconisées par le gouvernement. Ce qui, aux yeux de Martin Coiteux, signifie que le Front commun « ne ferme pas complètement la porte à revoir le plan de retraite ».

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