Retour

Ontario : « Si Doug Ford échappe cette élection, ce sera de sa faute. »

À voir les événements de presse, les campagnes de publicité et les attaques virulentes entre les chefs de partis, on a l'impression que la campagne électorale est lancée depuis des semaines en Ontario. Pourtant, elle ne sera officiellement déclenchée que la semaine prochaine.

Un texte de Philippe Leblanc

Comme c'était le cas en 2011 et en 2014, les conservateurs semblent partir avec une bonne longueur d'avance dans les intentions de vote et les Ontariens semblent prêts à leur faire confiance.

Selon la mise à jour du 30 avril de l'agrégateur de sondages Poll Tracker de CBC, les conservateurs récoltaient en moyenne 43,6 % des intentions de vote, contre 26,7 % pour les libéraux et 23,3 % pour les néo-démocrates.

Encore plus révélateur, les appuis aux conservateurs n'ont pratiquement pas bougé depuis février et le parti mène dans toutes les régions de la province, sauf à Toronto où il pourrait quand même remporter une majorité de sièges, selon l'outil de mesure de CBC.

Michael Whitton, un électeur de la banlieue de Toronto, est indécis. Il admet toutefois ne pas avoir voté pour Kathleen Wynne aux dernières élections et il estime que Doug Ford est fiable. Il conserve, malgré tous les scandales, de bons souvenirs de Rob Ford à la mairie de Toronto et croit que son frère Doug pourrait être le même genre de chef.

« Rob Ford a mené sa barque comme il l'entendait, dit Michael Whitton. Il a été honnête et il a respecté ses promesses. Il a réduit les dépenses de Toronto. »

L'usure du pouvoir des libéraux

Ces appuis à Doug Ford représentent bien sûr un appui aux conservateurs, mais aussi le rejet des libéraux de Kathleen Wynne, au pouvoir depuis 15 ans.

Pour la première fois de sa vie ce printemps, John Farquharson, de Milton, est devenu membre du Parti conservateur et a voté lors de la course à la chefferie.

Il révèle candidement qu'il a souvent voté libéral par le passé.

Les hausses de tarif d'électricité et les déficits à répétition - six autres années de déficits sont prévues dans le dernier budget libéral, malgré les promesses faites après le retour à l'équilibre budgétaire l'an passé - continuent aussi de hanter Kathleen Wynne.

« On ne nous a pas parlé de ces déficits-là en toute vérité, affirme Marie Kapend, une électrice d'Ottawa. Maintenant, on découvre cela et c'est pour ça que je dis que c'est décevant. »

Répétition du scénario de 2011 et 2014?

Mais la marge d'erreur des conservateurs sera mince dans cette campagne.

Ils ont obtenu des résultats décevants en 2011 et 2014 après avoir vu leurs campagnes électorales dérailler à cause de promesses mal reçues dans la population.

Pour qu'ils l'emportent, il faudra également que Doug Ford, comparé à Donald Trump par les libéraux, garde son calme et limite ses attaques personnelles provocatrices. Car, pour le moment, bon nombre d'électeurs semblent prêts à lui accorder une chance pour obtenir du renouveau à la tête de la province la plus populeuse du pays.

De leur côté, les néo-démocrates espèrent causer la surprise.

Ils affirment que Doug Ford et Kathleen Wynne s'affrontent pour savoir qui sera le pire premier ministre, mais ajoutent que les Ontariens ne sont pas obligés de voter pour l’une ou l’autre de ces deux mauvaises options.

La réponse viendra le soir du 7 juin.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Une mère et son fils offrent une danse inoubliable





Rabais de la semaine