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Ottawa crée un fonds d'aide d'urgence pour les Syriens

Très critiqué depuis plus d'une semaine pour sa réponse à la crise des réfugiés syriens, le gouvernement fédéral va augmenter son aide humanitaire pour les victimes du conflit en Syrie.

Le ministre du Développement international du Canada Christian Paradis a annoncé la création d'un fonds d'aide d'urgence pour venir en aide aux Syriens qui fuient la guerre.

Par le biais de ce fonds, Ottawa va verser aux organismes de bienfaisance qui recueillent des dons pour la Syrie une somme équivalente aux dons faits par les Canadiens, jusqu'à un montant maximal de 100 millions de dollars. Le fonds sera ouvert jusqu'au 31 décembre de cette année.

L'argent servira à aider les Syriens qui fuient la guerre à avoir accès à des abris, de la nourriture, de l'eau et des soins de santé. Il servira aussi à fournir de l'aide à certains pays par lesquels transitent les réfugiés syriens. 

Cette aide s'ajoute au 503,5 millions de dollars en aide humanitaire que le Canada s'est engagé à verser pour aider les victimes du conflit syrien, en janvier 2012. 

Le ministre Paradis n'a pas fait mention de nouvelles mesures pour accélérer l'accueil de réfugiés syriens au Canada, comme l'avait promis le chef conservateur Stephen Harper, jeudi.

Il s'est contenté de dire que des mesures avaient déjà été prises concernant les réfugiés de cette région et que le gouvernement comptait faire plus. Christian Paradis affirme que le délai d'attente du traitement des demandes des réfugiés a entre autres été réduit de 50 %, notamment grâce à l'ajout de personnel aux ambassades d'Ankara (Turquie), d'Amman (Jordanie) et de Beyrouth (Liban).

Cette annonce n'a pas ému les libéraux, qui affirment que l'argent promis par les conservateurs sera certes utile, mais que l'accueil d'un nombre plus important de réfugiés au Canada l'est encore plus. « Cette crise a besoin d'une réponse immédiate et d'actions rapides », a commenté le candidat libéral dans Spadina-Fort York, Adam Vaughan.

Les conservateurs ont été très critiqués au cours des derniers jours par leurs adversaires, des provinces et des municipalités pour leur approche face à la crise des réfugiés syriens. Plusieurs leur reprochent de ne pas en faire assez dans l'accueil de réfugiés syriens au pays et de ne pas en faciliter le processus. Même s'il promet d'accélérer ce processus, Stephen Harper maintient que cela doit se faire sans compromettre la sécurité nationale.

Réponse à Jean Chrétien

Questionné sur les critiques émises par Jean Chrétien au sujet de Stephen Harper et de sa gestion de la crise des migrants, une « réaction froide et dure », selon l'ancien premier ministre, M. Paradis pense quant à lui que le chef conservateur est « un homme de principes », « qui a une vision ».

Christian Paradis a d'ailleurs lui-même critiqué Jean Chrétien pour sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine en avril, « lui qui apporte de l'aide à Bachar Al-Assad ».

Le ministre assure que le gouvernement conservateur est « très proactif » depuis le début de cette crise humanitaire, et que son plan, qui vise à la fois à combattre le groupe armé État islamique et à aider les réfugiés, tout en étant un des principaux donneurs d'aide humanitaire, est « cohérent ». « On fait vraiment une différence », soutient-il.

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